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Drogues: bientôt des tests en soufflant?

Daphnée Denis, mis à jour le 30.04.2013 à 10 h 40

Manifestation en faveur de la dépénalisation du cannabis à Madrid en 2008. REUTERS/Susana Vera -

Manifestation en faveur de la dépénalisation du cannabis à Madrid en 2008. REUTERS/Susana Vera -

Notre souffle pourrait bientôt dévoiler si nous sommes où non sous l’effet de drogues.

Une étude qui vient d’être publiée par le Journal of Breath Reseach (une publication qui, comme son nom l’indique, est entièrement dédiée à notre respiration) explique que les scientifiques peuvent aujourd’hui détecter douze drogues en ne testant que notre souffle.

Parmi ces substances illicites, la cocaïne, la marijuana ou les amphétamines mais également des médicaments qu’on n’avait jamais pu repérer ainsi auparavant comme le Xanax ou la benzoylecgonine (utilisée contre les douleurs musculaires notamment).

Jusqu’ici, il fallait faire des tests cliniques (d’urine ou de sang) pour déterminer la présence de drogues dans le corps d’un individu, notamment lors d’accidents de la route, explique le Smithsonian.

Le test utilisé en France, Rapid STAT, est censé en 13 minutes seulement, détecter «de 2 à 6 drogues». Il s’agit des amphétamines et des méthamphétamines, de la cocaïne, du cannabis, des opiacés et des médicaments de la famille des benzodiazépines. Mais l'efficacité de ces tests salivaires et urinaires a été contestée par l'Académie nationale de pharmacie qui relevait dès 2010 qu'il y avait beaucoup de faux positifs ou de faux négatifs, comme l'expliquait Jean-Yves Nau dans un article intitulé «Haro sur les tests salivaires et urinaires».

Aujourd’hui, les membres du Karolina Institutet, en Suède, qui ont mené les recherches en question, ont développé SensAbues, qui fonctionne comme un alcootest, mais pour les drogues.

Pour l’instant, le système n’est pas déchiffrable sur place. Dans l'avenir, un policier pourrait donc faire souffler les personnes impliquées dans un accident de la route pour vérifier s’ils ont consommé des drogues, mais ne pourrait pas connaître immédiatement le résultat. Il devrait par la suite envoyer le test à un laboratoire qui analyserait les microparticules récupérées.

Le processus reste donc assez compliqué. Pourtant, si la recherche scientifique réussit à simplifier cet aspect de SensAbues, nous aurons bientôt des «drogotests».

D.D.

Daphnée Denis
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