Égalités / Life

Quand le FBI et Dzhokhar Tsarnaev prolongent le coup d'un soir

Temps de lecture : 2 min

Au petit matin, Dan McCarthy aurait bien voulu partir de l'appartement de son «amie»...

Morning / Aline Avila via FlickR CC Licence by
Morning / Aline Avila via FlickR CC Licence by

Vous êtes dans un bar. Vous avez bu quelques verres. Nous sommes jeudi 18 avril et les deux suspects des attentats de Boston, où vous habitez, sont en fuite.

Là où vous vous trouvez, on annonce qu’un policier du MIT a été abattu par les deux hommes en question. Vous angoissez, buvez un autre verre. Puis, à deux heures du matin, vous recevez un texto: «Viens chez moi.» A ce moment-là, votre état d’ébriété et les informations vous ont plongé dans une crise existentielle. Vous pensez: «Carpe Diem» ou «Yolo». Vous répondez au texto: «OK.»

Ce coup d’un soir aurait été terriblement banal s’il n’avait pas eu lieu pile le soir où Tamerlan Tsarnaev est mort et son frère a échappé au FBI, point de départ d'une chasse à l’homme sans répit dans la ville de Boston. Car le sexe sans lendemain, ça ne fonctionne que quand on peut partir de l’appartement de la personne qui nous y a conviés, après avoir fait ce pour quoi on était venu.

Dans Esquire, Dan McCarthy fait donc le récit du «jour d’après», qu’il a passé enfermé chez une jeune femme non identifiée.

«L’une des grandes joies (ou en tous cas l’un des critères essentiels) d’un coup d’un soir alcoolisé est de récupérer ses habits éparpillés sur le sol d’une chambre inconnue, et de s’en aller d’un pas nonchalant.»

Au lieu de quoi, une «longue journée» a suivi, à la fois «comique et gênante» où le couple improvisé a dû se trouver des affinités ailleurs qu’au lit. Hormis une rapide échappée au Dunkin Donuts du coin, ils ont attendu la fin du couvre-feu sur Boston dans son appartement, avec sa colocataire. Malaise.

«Alors qu’il était en train de s’apercevoir qu’il n’y avait pas de manière simple de s’extirper de la situation, [McCarthy] a été contacté par son éditeur d’Esquire, Joe Keohane, raconte le New York Observer. McCarthy a expliqué qu’il était bloqué chez une amie de longue date avec qui il venait de passer la nuit sur un coup de tête. M. Keohane lui a demandé de lui envoyer un article sur le sujet au plus vite.»

«J’étais tellement mort de rire que j’en suis presque tombé par terre, a confié Keohane à l’Observer. C’était une journée d’angoisse après une semaine brutale à Boston, et cette andouille était pris au piège dans l’appartement d’une fille qu’il connaît à peine.»

McCarthy conclut son compte-rendu en racontant que sa copine d’un soir et demi est en train de lire ce qu’il écrit derrière son épaule, morte de rire, elle aussi. Beaucoup de lecteurs ont été choqués qu’un article aussi trivial soit publié dans le cadre de la couverture des attentats de Boston. Néanmoins, le récit de McCarthy a recueilli 129.000 «likes» sur Facebook à l’heure où l'on écrit ces lignes...

D.D.

Daphnée Denis Journaliste

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