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Il n'a jamais fait aussi chaud en Europe depuis l'époque des Gaulois

Michel Alberganti, mis à jour le 23.04.2013 à 11 h 29

Un ours polaire glisse sur la fine couche de glace de l'océan Arctique - 21 août 2009 - Photo: Patrick Kelley, U.S. Coast Guard - via Flickr Creative Commons

Un ours polaire glisse sur la fine couche de glace de l'océan Arctique - 21 août 2009 - Photo: Patrick Kelley, U.S. Coast Guard - via Flickr Creative Commons

Comment la température a-t-elle évolué sur Terre au cours des 2.000 dernières années? Pour répondre à cette question, le réseau PAGES (Past Global Change) 2K rassemble plus de 80 scientifiques de 24 pays répartis en 9 groupes sur tous les continents. Fondé en 1991, ce réseau est le projet central du programme international Géosphère-Biosphère (IGBP). 

Les chercheurs analysent les données climatiques provenant des cernes des arbres, des pollens, des grottes, des carottes de glace, des sédiments de lacs et d’océans et des archives historiques provenant du monde entier. Le 21 avril 2013, ils ont publié des résultats d’étape dans la revue Nature Geoscience.

On y apprend qu’au cours des 2.000 dernières années, en Europe, il faut remonter à la période 21-80 pour trouver des périodes de trente années consécutives plus chaudes que celle qui est comprise entre 1971 et 2000.

Cette époque du premier siècle après Jésus-Christ est celle de la Gaule romaine. En pleine Pax Romana, le développement économique est fort. Les bourgades et les villes se multiplient. Les vignes de l’Aquitaine, de la vallée du Rhône et de la Saône et même de la Moselle, concurrencent celles de l’Italie... Un moment bien différent de la période actuelle avec sa crise économique mondiale et, en France, la perspective d’une chute de la production de vin à cause du réchauffement climatique.

En 2003, la canicule et la sècheresse extrême de l’été ont provoqué 70.000 morts en Europe (11.435 en France). Pour les climatologues, il s’agit là de l’été le plus chaud, dans cette région, au cours des 2.000 dernières années. Ils considèrent néanmoins que le réchauffement climatique n’a été que l’une des causes de ce phénomène exceptionnel.

L’étude révèle que la période chaude médiévale, entre 950 et 1250, n’a sans doute pas été planétaire. En effet, si les continents d’un même hémisphère sont soumis à des variations de température assez similaires, ces dernières peuvent être importantes entre les continents des deux hémisphères. Ainsi, la chaleur médiévale a touché des parties de l’Europe et de l’Amérique du Nord tandis que l’Amérique du sud restait relativement froide.

Les experts réfutent l’hypothèse de certains climatosceptiques selon lesquels le réchauffement actuel serait aussi naturel que celui de cette période médiévale. «Si nous sommes entrés dans une nouvelle période médiévale chaude, cette chaleur supplémentaire doit s’ajouter à celle qui provient des conséquences des gaz à effet de serre», indique l’un des auteurs, Edward Cook, du Lamont-Doherty Earth Observatory.

En fait, l’optimum climatique médiéval, tout comme le petit âge glaciaire (1350-1850) qui l’a suivi, n’ont pas affecté uniformément la planète. La tendance la plus générale touchant toutes les régions du globe pendant les 2.000 dernières années a été un refroidissement à long terme engendré par l’augmentation de l’activité volcanique, la réduction du rayonnement solaire, les changements dans la couverture du sol par la végétation et de lentes variations de l’orbite terrestre.

A l’exception de l’Antarctique, cette tendance n’a été stoppée que vers la fin du XIXe siècle avec le développement de l’activité industrielle. Le réchauffement au cours du XXe siècle a été environ deux fois plus important pour les continents de l’hémisphère nord que pour ceux de l’hémisphère sud, selon les climatologues.

M.A.

Michel Alberganti
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