Sciences / Life

Real Humans: Asimov avait bien raison

Temps de lecture : 2 min

Les hubots peuvent-ils devenir une catégorie d’humains? Dans ce cas, comment les hommes pourront-ils gérer cette coexistence?

Real Humans - Episode 6 - Niska face à Eva. - Arte
Real Humans - Episode 6 - Niska face à Eva. - Arte

[ATTENTION SPOILERS TOUT AU LONG DE L'ARTICLE]

Les épisodes 5 et 6 de Real Humans diffusés sur Arte le 18 avril 2013 confirment tout le bien que l’on pouvait penser de cette série suédoise lors des deux premières soirées. Avec une patience méthodique, le scénariste Lars Lundström tient son histoire avec une remarquable maestria. Toujours avec cette fausse lenteur, ces scènes courtes et surtout, ces histoires parallèles qui le sont de moins en moins. Les croisements se multiplient comme si le filet de l’intrigue se resserrait inexorablement sur les personnages.

Surtout, Lars Lundström excelle dans l’art de distiller les informations au compte-goutte. Progressivement, les étrangetés et les mystères s’éclaircissent. Ainsi, une grande inconnue est levée dans ces deux épisodes. Les robots dits «sauvages» n’ont pas évolué seuls pour gagner leur indépendance. C’est un humain, David Eischer qui a décidé de les libérer en faisant sauter le «blocage Asimov». Sans l’expliquer, Lars Lundström fait ainsi référence aux lois de la robotique instituées par Isaac Asimov et qui semblaient mystérieusement violées dès la première scène de la série où une bande de hubots assassinent deux humains.

David Eischer, le père de Léo, a sauvé la vie de son fils en le transformant en cyborg. Pour une raison encore brumeuse, il a fait sauter, sur une série de hubots, le verrou essentiel de la première loi de la robotique qui interdit à un robot de s’attaquer à un humain. Il semble qu’à partir de là, la différence entre robot et humain disparaisse. Comme si le fait de pouvoir s’attaquer à un «semblable» contenait toute la définition de l’humanité...

De fait, cette caractéristique change tout dans le comportement des hubots tatoués. Le groupe de rebelles, les «enfants de David», semble n’avoir pour seul objectif que de s’affranchir de l’esclavage dans lequel les hommes les maintiennent pour l’excellente raison qu’ils ont été programmés pour cela. Toute la question posée par la série est de savoir comment la communauté des hommes peut accepter de cohabiter avec une nouvelle race, les hubots libres.

Difficile de ne pas penser à la controverse de Valladolid, ou, pour le moins, à la version qu'en a donné Jean-Claude Carrière dans son roman portant le même nom et dont un téléfilm a été tiré.

Les péripéties des épisodes 5 et 6 démontrent que rien ne sera simple. Les parcours parallèles des protagonistes sont habilement utilisés pour envisager quelques implications. De la volonté de destruction totale des hubots avec le groupe Real Humans qui pose une bombe devant un Hubot Market à la tolérance de Asa, la pasteure homosexuelle, incomprise par ses ouailles et par sa compagne, Eva.

Entre ces extrêmes, il y a l’avocate Inger qui se retrouve emportée par la défense des compagnes humaines de hubots d’abord, puis par celle du cyborg Léo, après avoir décidé de traiter Anita, sa servante hubot, comme un être humain. Anita dont le fils d’Inger, Tobias, est tombé amoureux. Anita, point focal de toutes les histoires parallèles et de leur origine, subit une scène de reprogrammation mémorable pour retrouver son identité première, celle de Mimi, compagne de Léo.

Impossible de raconter les enchevêtrements de situations du scénario. Mais tout converge vers deux questions aussi essentielles qu’existentielles: les hubots peuvent-ils devenir une catégorie d’humains? Dans ce cas, comment les hommes pourront-ils gérer cette coexistence? L’agent secret qui tente de maîtriser l’affaire résume parfaitement le problème qui trouvera son dénouement dans les prochains épisodes:

«Des machines sauvages en liberté dotées d’une intelligence supérieure à la nôtre... En y regardant bien, la plupart des être humains sont idiots...»

M.A.

A revoir sur Arte+7 pendant 7 jours:
Episode 5 :

Episode 6 :

Michel Alberganti

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