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Les filles bien meilleures en lecture et les garçons un peu plus forts en maths

Michel Alberganti, mis à jour le 10.04.2013 à 12 h 34

A 15 ans, le sexe influence fortement les résultats scolaires en lecture et en maths. Mais pas toujours de la même façon suivant les pays considérés. Avec un étrange paradoxe à la clé.

Revision Week: : Metric Spaces - Photo :  stuartpilbrow via Flickr Licence CC

Revision Week: : Metric Spaces - Photo : stuartpilbrow via Flickr Licence CC

Il arrive que les études en sciences humaines s’appuient sur des échantillons de taille insuffisante. Ce n’est pas le cas de celle que Gijsbert Stoet, chercheur à l’institut de science psychologiques de l’université de Leeds, en Angleterre, et David Geary, de l’université du Missouri, ont publiée dans la revue PloS One le 13 mars 2013. Les données qu’ils ont étudiées proviennent du Programme for International Student Assessment (PISA) concernant 1,5 million d’élèves des deux sexes âgés de 15 ans et répartis dans 75 pays pour les années 2000, 2003, 2006 et 2009. En particulier au sujet des performances en mathématiques et en lecture.

L’analyse globale montre que les garçons sont meilleurs en mathématiques tandis que les filles battent les garçons en lecture. Néanmoins, la différence entre les deux sexes en lecture est trois fois supérieure à celle qui est enregistrée en mathématiques. Ainsi, on peut affiner le résultat général: les garçons sont un peu meilleur en maths mais beaucoup moins bons en lecture. De plus, les chercheurs ont noté des différences considérables en fonction des pays. Toujours en faveur des filles.

Dans certains pays, le sexe n’influence pas les résultats en mathématiques tandis que les garçons restent moins performants en lecture, ce qui reste vrai dans tous les pays.

La surprise de cette nouvelle étude réside dans un étrange paradoxe. « Les différences entre les sexes en mathématiques sont systématiquement et fortement inversement corrélées aux différences en lecture », écrivent les chercheurs. Les pays où la différence en maths est faible affichent une forte différence en lecture. Et inversement. Lorsque la différence est grande en maths, elle est faible en lecture.

Un phénomène similaire se retrouve à l’échelle nationale. Parmi les élèves les moins performants, la différence de résultats en maths liée au sexe n’existe pas. En revanche, elle est maximale parmi les élèves les plus performants tandis qu’elle est minimale en lecture dans ce cas.

Les chercheurs en déduisent des conséquences sur les stratégies d’enseignement visant à réduire les disparités de niveau en fonction du sexe en maths et en lecture. « Des interventions se concentrant sur les filles ayant le meilleur niveau en mathématiques et les garçons les moins performants en lecture apporteront les plus forts bénéfices », concluent-ils.

M.A. 

Michel Alberganti
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