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De la Terre à Mars en 90 jours... grâce à la fusion nucléaire?

Une équipe de chercheurs de l'université de Washington travaille sur un système de propulsion à fusion nucléaire pour réduire la durée de l'expédition actuellement estimée à plus de quatre ans.

Vue d'artiste du voyage vers Mars avec le nouveau système de propulsion (Source: université de Washington)

Le voyage entre Mars et la Terre d’un vaisseau spatial habité pose de nombreux problèmes dont l’un des plus épineux est la durée. Selon la Nasa, une telle mission pourrait prendre plus de quatre ans avec les technologies actuelles de propulsion. La quantité de carburant à emporter serait telle que le lancement à lui seul pourrait revenir à 12 milliards de dollars.

Pour John Slough, professeur d’aéronautique et d’astronautique à l’université de Washington et président de l’entreprise MSNW, ces contraintes rendent la conquête de Mars par l’homme «presque impossible». D’où la recherche d’un moyen de propulsion plus efficace. Pourquoi pas la fusion nucléaire?

Ce Graal de la production d’énergie exploite les réactions qui se produisent naturellement dans le Soleil et les autres étoiles. Un projet international, Iter, a été lancé en France, à Cadarache, en 2006 et la production devrait commencer en 2020. La fusion nucléaire, utilisée dans les bombes H, est considérablement plus difficile à maîtriser que la fission exploitée dans les centrales électriques.

Pourtant, John Slough et son équipe chez MSNW estiment que, grâce à l’utilisation de la fusion nucléaire, la durée du voyage aller-retour sur Mars pourrait être réduite au point de ne pas dépasser 30 à 90 jours. Les chercheurs auraient déjà testé en laboratoire les différentes parties du nouveau système de propulsion en laboratoire et doivent commencer à les assembler.

Ils utilisent un plasma prisonnier de son propre champ magnétique et compressé pour provoquer une fusion. Une quantité de plasma de la taille d’un grain de sable contiendrait alors autant d’énergie que plusieurs litres de carburant actuel.

Par rapport à une bombe H, l’énergie de la fusion utilisée pour une fusée serait un milliard de fois inférieure. Ce qui devrait rassurer ceux qui pourraient craindre de s’embarquer dans un vaisseau spatial fonctionnant comme une bombe atomique.

«Nous espérons que nous pouvons intéresser le monde avec le fait que la fusion n’est pas toujours pour dans 40 ans et qu’elle ne coûte pas toujours 2 milliards de dollars», a déclaré John Slough.  

M.A.

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