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Les cercles de fées gardent leur mystère

Slate.fr, mis à jour le 01.04.2013 à 12 h 43

Réserve de NamibRand. DR

Réserve de NamibRand. DR

Les cercles de fées, si vous ne connaissez pas ce nom, n’ont rien à voir avec les ciconvolutions de la fée clochette autour de Peter Pan. Mais vous en avez sans doute croisés sur Google images, dans des livres de géographie ou d’images de la nature africaine. En voici un exemple:

Réserve de NamibRand. DR

Soit des cercles végétaux quasi parfaits qui clarsèment un quasi désert. Longtemps, là-bas, en Namibie, on y a vu la main des dieux, ou ses pas. Puis la radioactivité du sol, des remontées de gaz contenus dans le sous-sol, etc. Bref, un profond mystère. Mais une part du voile a commencé à se lever sur ces cercles quand l'entomologiste américain Walter Tschinkel a commencé à s’y intéresser en 2005, explique Le Monde en dénichant un article de la revue Science  consacré en 2012 à Tschinkel.

Son hypothèse: le rôle de termites, soit par l’action de leurs galeries souterraines qui tuent la végétation par en-dessous, soit par des composés chimiques qui empoisonnent la végétation et que ces termites relarguent. Mais quand il cherche sur le terrain à valider sa théorie, en creusant dans les cercles de fées, il ne trouve aucun indice permettant de valider l'hypothèse des termites.

Le scientifique ne veut pas croire un spin off namibien de Signes, le film de Night Shyamalan. Alors il prend de la hauteur et analyse quatre ans d’images satellite des formations circulaires de la réserve naturelle du Namib.

Images retravaillées par Walter Tschinkel.

Il estime alors que la durée de vie moyenne de ces cercles est de 41 ans mais ne trouve toujours aucune explication sur ce qui est à la manœuvre de ce «cycle de vie».

C’est là qu’intervient un autre scientifique, allemand cette fois, Norbert Juergens, de l’université de Hambourg. Dans Science, il explique que Tschinkel et d’autres ont raté les responsables de ces cercles: des termites — le biologiste américain avait raison— «extrêmement clandestin», capables de «nager» dans les sables, laissant derrière eux des minuscules tunnels.

A la décharge des prédécesseurs de Juergens, explique Science, «cette sorte de termites ne construit pas de de systèmes complexes de galeries, ne construit pas ses termitières en surface, et ne se montre que rarement, et encore la nuit». Les autre chercheurs ont pu aisément passer à côté de l’insecte en creusant trop profondément ou trop brutalement, raconte Juergens, dont la méthode consiste à se concentrer sur quelques centimètres.

De sa découverte, le biologiste allemand conclut que le peu d’eau de pluie qui tombe sur ce désert est capturé par ses minigaleries, transformées en ceinture luxuriante. Et lors des saisons d’extrêmes sècheresses, les termites se servent de ces structures végétales pour se nourrir. L’alternance entre ces périodes est le cycle de vie des cercles de fées. Elémentaire mon cher Tschinkel! Qui pense pourtant que Juergens commet peut-être une erreur: «la corrélation n'implique pas la causalité», dit-il en substance.

Juergens maintient sa version et conclut que de toute façon ce n’est pas le plus important dans ses travaux: «L’identification du rôle de cette termite dans le processus de “fabrication” des cercles de fées n’est qu’une partie de l’histoire: la plus intéressante partie est que cet insecte a créé un écosystème d’enginerring magistral».

Quant à savoir ce qui dessine les cercles de fées, les scientifiquent tournent en rond.

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