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Bactéries et virus ne sont pas en sécurité dans les laboratoires américains

Slate.com, mis à jour le 26.03.2013 à 15 h 48

Des fioles, via Wikimedia Commons

Des fioles, via Wikimedia Commons

Commençons avec la bonne nouvelle: la disparition d'un flacon de Guanarito, une maladie rare rencontrée uniquement chez les rongeurs du Venezuela, d’un laboratoire texan le mercredi 20 mars 2013 ne devrait pas être inquiétante. Premièrement, il n’y a pas de preuve selon laquelle le Guanarito peut être transmis d’être humain à être humain –seulement de rongeur à humain (même si lorsque cela arrive, principalement à des «travailleurs agricoles de sexe masculin», c’est loin d’être agréable). Il ne semble pas non plus que le flacon ait été subtilisé par un malfaiteur –il est plus probable qu’il ait été détruit en tombant accidentellement au sol, selon ce que Scott Weaver directeur scientifique du Galveston National Laboratory a dit au Houston Chronicle. Le Galveston National Laboratory est hébergé à l’UTMB (University of Texas Medical Branch) [d’où le flacon a disparu, NDT]. Le Houston Chronicle rapporte:

«Nous ne pensons pas que quoi que ce soit qui est arrivé la semaine dernière mette en danger la communauté», dit Scott Weaver. «Nous croyons qu’il s’agit d’une erreur qui est inévitable dans n’importe quel établissement et nous allons nous améliorer afin d’éviter ceci à l’avenir.»

Il n’est pas réconfortant de penser qu’il est «inévitable» que des agents infectieux dangereux puissent disparaître «dans n’importe quel établissement». Mais un rapport rendu public le 25 mars 2013 par le Government Accountability Office (GAO –Bureau des responsabilités gouvernementales) s’accorde avec l’évaluation de Scott Weaver.

Dans le suivi d’une étude similaire de 2009, le GAO a enquêté sur les procédures de sûreté dans les laboratoires de haute sécurité et «a trouvé un manque répété de standards nationaux pour la conception, la construction, la mise en service et le fonctionnement des laboratoires à haut niveau de sécurité». A cause de l’absence de norme, le rapport ajoute que «chaque laboratoire peut être conçu, construit et entretenu selon les exigences locales. Cela rendra très difficile l’évalutation et la garantie de la sécurité.»

Il cite l’exemple d’une coupure de courant au Center for Disease Control and Prevention (le centre de contrôle et de prévention des maladies) causée par des ouvriers du bâtiment qui avaient accidentellement coupé un câble dans un site adjacent. (C’est réconfortant, n’est-ce pas?) «Cet incident avait souligné les risques inhérents au fait de dépendre des normes locales du bâtiment pour assurer la sûreté de laboratoires de haute sécurité, puisqu’il n’y a pas de normes et de procédures d’évaluation destinées spécifiquement à ces laboratoires», peut-on lire dans le rapport du GAO. Autre problème: les laboratoires travaillent fréquemment sur des projets similaires –et dupliquer les efforts augmente le potentiel pour des erreurs dangereuses.

En gros, «les laboratoires sont un grand bazar», écrit Kelsey D. Atherton sur le blog Popular Science. Mais il ne pense pas que ce soit une fatalité:

«Avec une simple action fédérale, en établissant par exemple des normes pour les laboratoires de recherche et en coordonnant les stratégies de recherche en biodéfense de la nation, ces problèmes devraient être parfaitement contenus avant qu’un vrai problème ne surgisse.»

Torie Bosch

Traduit par Pamela Duboc

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