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«Grandma got STEM»: les grands-mères aussi peuvent être fortes en sciences

Cécile Dehesdin, mis à jour le 25.03.2013 à 12 h 04

Dorothy Gillett lisant un livre à sa petite-fille Janet Wagner. Photo envoyée par Janet Wagner à Grandma Got Stem

Dorothy Gillett lisant un livre à sa petite-fille Janet Wagner. Photo envoyée par Janet Wagner à Grandma Got Stem

Parce qu'elle en avait assez d'entendre des phrases du type «c'est tellement simple que ma grand-mère pourrait comprendre», ou «si tu devais l'expliquer à ta grand-mère, comment tu le dirais?», une professeure en mathématiques en Californie a créé «Grandma got STEM», un blog dédié aux femmes âgées qui ont ou ont eu de l'importance dans le champ des STEM (l'acronyme de science, technologies, ingénierie et mathématiques).

Rachel Levy explique ainsi sur son blog:

«J'aimerais contredire l'idée qui veut que les grands-mères (sexe + maternité + âge) auraient du mal à comprendre des idées techniques/théoriques.»

Sur Grandma got Stem, elle récolte ainsi l'histoire de celles, célèbres ou méconnues du grand public, qui ont fait avancer la science ou y travaillent encore aujourd'hui. Les témoignages des grands-mères en question ou de leurs petites-filles ou fans se succèdent. A 92 ans, Iris Critchell a eu six petits-enfants, nagé aux Jeux olympiques, et piloté des avions de chasse, elle a enseigné l'aéronautique et donné des cours de pilotage.

Une femme a écrit à Rachel pour lui parler de sa grand-mère Dorothy Gillett, aujourd'hui décédée. Dorothy Gillett a aidé à développer les premiers réseaux radiophoniques à travers les Etats-Unis, avant de travailler pendant des années pour Lockheed, un constructeur aérospatial, sur des calculs orbitaux pour les projets Apollo et Mercure:

«Un de ses titres quand elle travaillait chez Lockheed était "ordinateur en chef", alors je dis toujours aux gens que je tiens mes talents en mathématiques de "ma grand-mère qui était un ordinateur".»

Kathleen Pericak-Spector, une professeure et vice-présidente du département de mathématiques de l'université de Southern Illinois décrit par exemple une anecdote qui rappelle l'importance des modèles que peuvent avoir les enfants en grandissant sur leurs propres aspirations:

«Mon deuxième fils a décidé de devenir un mathématicien quand il avait cinq ans. Mon aîné lui a dit que ce n'était pas possible. Quand je lui ai demandé pourquoi, mon aîné a répondu que seulement les femmes pouvaient être mathématiciennes.»

Le blog a commencé en se concentrant uniquement sur les grand-mères, mais Rachel Levy explique à Claremont DH qu'elle compte bien y inclure des femmes sans enfants ou petits-enfants, et qu'elle espère à terme recueillir des témoignages de grand-mères STEM de tous les pays du monde. Tous les détails pour lui envoyer des histoires sont ici.

L'initiative de Rachel Levy est d'autant plus intéressante qu'aujourd'hui encore, les filles font face à bon nombre d'obstacles conscients et inconscients dans leurs relations aux mathématiques. Quant aux vieux, et aux vieilles, sur Internet, on vous conseille cet article de Titiou Lecoq qui rappelait en 2011 que le vieux est un geek comme les autres, ou presque.

Cécile Dehesdin
Cécile Dehesdin (610 articles)
Rédactrice en chef adjointe
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