Sciences / Life

Quand les ordinateurs prescrivent mieux que les médecins

Temps de lecture : 2 min

The Future Soon / krupptastic via FlickrCC Licence by
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Le site d’information de l’université d’Indiana, aux Etats-Unis, a publié le 11 février 2013 des résultats de recherche qui pourraient transformer la manière dont les médecins nous soignent.

Deux chercheurs en informatique de l’université d’Indiana, Casey Bennett and Kris Hause, ont développé un programme capable de «penser comme un médecin».

Le programme informatique utilise un processus de prises de décisions séquentielles basé sur l’intelligence artificielle. Il s’agit, à chaque étape du traitement, de prendre une nouvelle décision fondée sur toutes les conséquences possibles et en connaissant tous les antécédents.

Les deux chercheurs, qui se spécialisent également en robotique, ont testé leur programme sur les dossiers médicaux de cinq cent patients. Le programme prenait une décision à chaque nouvelle visite médicale enregistrée, sans connaître l’issue réelle du traitement.

Puisque les dossiers médicaux étaient déjà constitués, il était impossible de «tester» la décision du programme sur les cinq cent patients. Casey Bennett a expliqué à Slate.fr par téléphone avoir «comparé les décisions prises par leur programme avec une base de données de trente millions de cas. Les patients aux symptômes similaires à ceux du groupe initial avaient reçu différents traitements, avec différents résultats». Il a ainsi été possible de déterminer que le programme améliorait l’issue pour les patients de près de 50%, après optimisation.

Par ailleurs, le blog Giacom, spécialisé dans les start-ups et les nouvelles technologies, informe que les frais médicaux engendrés dans les traitements prescrits par le programme étaient en moyenne 58,5% inférieurs à ceux recensés dans les dossiers médicaux originaux.

Le programme, dit Casey Bennett, pourrait se révéler particulièrement utile «pour éviter les surprescriptions». Continuer un traitement plus longtemps que nécessaire est très coûteux et peut s’avérer dangereux pour la santé des patients. L’exploitation des larges bases de données médicales par des programmes intelligents pourrait aider les médecins à déterminer le moment auquel un traitement a atteint le maximum de ses effets.

Les deux chercheurs ont précisé à l’IU Newsroom qu’ils ne souhaitaient pas «remplacer les docteurs».

Ce type de recherches soulève en effet régulièrement la critique. A l’IU Newsroom, Casey Bennett a confié qu’il faut «laisser les humains faire ce qu’ils font le mieux, et laisser les machines faire ce qu’elles font le mieux. Au final, nous pourrions maximiser le potentiel des deux

Ces résultats font échos à d’autres avancées dans le domaine de l’intelligence artificielle combinée à de larges bases de données. Il y avait par exemple Watson, un ordinateur d’IBM, qui avait gagné au jeu américain Jeopardy, sorte de Question pour un champion truffé de jeux de mots.

Dans le futur, des programmes tels que celui de Casey Bennett and Kris Hause pourront peut-être équiper des robots-soigneurs, comme on en trouve déjà au Japon.

P.D.

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