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Quelles sont les chances pour qu'une météorite tombe devant chez vous?

Contrairement à ce que l'on peut croire, les météorites ne choisissent pas forcément les lieux inhabités ou les océans.

Comète du nuage des Perséides, photographiée depuis le Japon en août 2012 / Nasa

Les fragments de météorites, qui ont fait vendredi 15 février 2013 plusieurs centaines de blessés dans la région peu densément peuplée de Tchelyabinsk (on parle au moment de la publication de cet article de près de 1.000 blessés), en Russie, sont depuis les vedettes de YouTube. Car il est extrêmement inhabituel que des objets célestes provoquent de tels dégâts.

Statistiquement, les météorites ont le plus de chances de tomber dans les océans, qui couvrent près de deux tiers de la planète, ou dans les déserts, qui constituent près d’un tiers des terres.

Les zones urbaines quant à elles, ne couvrent que 3% des terres émergées. C’est-à-dire seulement 1% de la surface de la planète.

Il y a pourtant eu récemment d’autres exemples de chutes à proximité de grandes villes, comme la météorite de Peekskill, qui s’était écrasée sur le capot d’une voiture dans la banlieue de New York en 1992, celle de Park Forest, dans la banlieue de Chicago en 2003 ou encore la météorite de Draveil, qui avait transpercé en 2011 le toit d’une maison à 30km de Paris.

Contrairement à la météorite de l’Oural, ces événements n’avaient pas fait de blessés.

La météorite de Peekskill, 1992. Pierre Thomas (LST), ENS Lyon via Nasa

Il est difficile de savoir précisément combien de météorites tombent sur Terre. Une étude de 1996 estime qu’il tomberait au maximum 84.000 météorites de plus de 10g chaque année. Pour les objets de plus de 400g, on ne dépasserait pas quelques centaines de pierres par an. Parmi celles-ci, on n’en retrouve en général pas plus d’une ou deux.

S’il est plus facile de retrouver les fragments dans les déserts de sable et de glace, Louis Carion, chasseur, collectionneur et revendeur de météorites, assure que «les météorites tombent partout, indistinctement». Ni l’inclinaison de la Terre, ni son champ magnétique n’influenceraient les endroits de chute des météorites.

On a pourtant retrouvé dans les glaces de l’Antarctique plus de mille fois la concentration en météorites que l’on pouvait prévoir. Bien qu’on ne l’explique pas encore, cela pourrait être lié à la capacité des glaciers de l’Antarctique à conserver et à rassembler les météorites qui y tombent. La fréquence de chute, par contre, est la même qu’ailleurs.

La majorité de ce qui nous arrive de l’espace n’est en fait que de la poussière. Près de 100.000 tonnes de poussières de météorites rentrent dans l’atmosphère terrestre chaque année. Parmi celles-ci, 90% pèsent moins d’un gramme. Louis Carion ajoute qu’elles «constituent une partie des poussières qui se déposent sur nos chaussures, dans nos cheveux, dès que nous sortons de chez nous». Il est malheureusement impossible de différencier ces poussières extraterrestres des autres.

Quant à ceux qui voudraient faire fortune en revendant d’éventuels fragments de la météorite, ils pourraient ne pas s’en sortir à bon compte. Louis Carion précise:

«Le prix de vente des fragments se calcule en fonction de leur origine. Les plus prisés proviennent de la Lune et de Mars, mais il est rare que les prix dépassent 200 euros le gramme. S’il s’agit d’une météorite H5, la plus commune, on ne compte pas plus d’un euro par gramme. Par ailleurs, la Russie interdit l’exportation de ses météorite.»

Dans l’Oural, certains n’ont pas attendu les expertises et mettent déjà des supposés fragments de deux centimètres aux enchères, à partir de 500 roubles (12 euros) pièce. Il faudra attendre de connaître la taille originale et la composition de la météorite pour en estimer la valeur véritable.

P. D.

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