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Classements alternatifs des JO 2012: et les vrais vainqueurs sont...

Temps de lecture : 4 min

Oubliez les Etats-Unis, qui dominent en nombre de médailles et de titres: les vrais vainqueurs du classement des breloques sont le Kenya, la Grenade ou l'Empire mongol.

Le Grenadin Kirani James fête sa victoire lors du 400 m, le 6 août 2012. REUTERS/Lucy Nicholson.
Le Grenadin Kirani James fête sa victoire lors du 400 m, le 6 août 2012. REUTERS/Lucy Nicholson.

Comme le constate le Wall Street Journal, cette année, le leadership olympique est apparemment clair: les Etats-Unis l’emportent face à la Chine, non seulement en nombre total de médailles, comme en 2008, mais aussi en médailles d’or, contrairement à il y a quatre ans. Mais derrière, selon que l’on choisisse l’un ou l’autre critère, le classement change: la Russie domine la Grande-Bretagne en nombre de médailles mais pas de titres olympiques, de même que l’Allemagne et la France face à la Corée du Sud…

Le Comité international olympique n’élaborant pas de classement officiel, chacun peut choisir le critère qui l’arrange le plus, voire en inventer de nouveaux. Petite sélection de classements alternatifs.

>>A lire: le tableau final des médailles

Le classement «Pierre de Coubertin»

Quel serait le classement des JO de Londres si l’on ne gardait que la grosse quarantaine d’épreuves disputées lors des premiers Jeux de l’ère moderne, à Athènes en 1896? A l’époque, le programme olympique ne comptait que neuf sports (athlétisme, cyclisme, escrime, gymnastique, tir, natation, tennis, haltérophilie et lutte) et les femmes n’étaient pas autorisées à participer (elles le seront lors de l’édition suivante).

Pour établir ce classement, nous avons gardé les épreuves qui existaient à l’identique en 1896 et en 2012 (le 100 m, par exemple), transposé celles qui existaient dans une forme proche (le 500 m et le 1.200 m nage libre de 1896 ont été remplacés par le 400 m et le 1.500 m nage libre de 2012) et supprimé celles qui n’ont aucun équivalent valable (le 100 m nage libre réservé aux marins ou le fleuret réservé aux maîtres d’armes —oui, ces épreuves ont vraiment existé).

Pour la lutte et l’haltérophilie, pour lesquelles n’existaient respectivement qu’une et deux épreuves à l’époque (les catégories de poids n’existaient pas), nous avons attribué les médailles aux pays les plus performants sur l’ensemble des catégories en 2012.

Résultat: au classement global des médailles, les Etats-Unis dominent toujours (14) devant la Chine (10) et la Grande-Bretagne (9). La Corée du Sud (8), l’Allemagne (7), l’Italie (6), la France (5) font partie des dix premiers, comme en vrai, alors que la Russie (3) glisse nettement et que le surprenant Kenya (4) se glisse dans le top 10 grâce à ses performances en demi-fond et fond.

Le classement «tout-terrain»

Quels seraient les pays les mieux placés si on tenait compte du nombre de sports dans lesquelles ils ont été récompensés (le CIO en comptabilise au total 26, regroupant par exemple sous une seule bannière, «sports aquatiques», la natation, la natation synchronisée, le water-polo et le plongeon)?

Récompensés dans seize sports, les Etats-Unis, qui ont remporté 65 de leurs 104 médailles dans deux d’entre eux (les sports aquatiques et l’athlétisme) seraient devancés par la Chine (dix-sept sports), tandis que la France, qui a remporté des médailles dans quatorze sports, remonterait de la septième à la cinquième place.

Le classement pondéré

Un pays qui a remporté une médaille d'or doit-il être devant un pays qui a remporté dix fois plus de médailles mais aucun titre? A l'inverse, un pays qui compte une médaille de plus qu'un autre mais bien moins de titres doit il être classé devant lui? Pour tenir compte de ces situations, plusieurs observateurs ont proposé de pondérer le nombre de médailles par un coefficient (3 ou 4 pour l'or, 2 pour l'argent et 1 pour le bronze, par exemple). En accordant le même poids à chaque sport dans le total, qu'il distribue six médailles comme le handball ou 143 comme l'athlétisme, et en utilisant ces coefficients, notre chroniqueur Vincent Le Biez sacre ainsi la Chine première de ces JO.

>>A lire: la Chine, véritable vainqueur des Jeux olympiques

Le classement «chocolat»

On l’appelle parfois vulgairement «la place du con» ou plus généralement «la médaille en chocolat»: c’est la quatrième place, celle du sportif bloqué au pied du podium. Selon un décompte établi par L’Equipe, les Etats-Unis y ont échoué 27 fois, la Russie 22 fois et la Chine 19 fois. Avec 16 quatrièmes places, la France termine quant à elle médaille en chocolat... des médailles en chocolat, tandis que la Grande-Bretagne, avec seulement neuf quatrièmes places, a été particulièrement efficace.

Le classement des derniers

Oubliez l’or, l’argent et le bronze, ce classement attribue des médailles de plomb (dernière place), zinc (avant-dernière) et étain (avant-avant-dernière). A ce petit jeu, inventé par le Wall Street Journal, c’est la Grande-Bretagne qui arrive première (c’est à dire dernière) avec 31 médailles. L’Ukraine et l’Egypte dominent le palmarès des médailles de plomb avec onze dernières places.

>>A lire: la Grande-Bretagne, plus grand perdant des JO

Les classements socio-économiques

Le Guardian a lui élaboré un classement des pays à partir de deux critères socio-économiques, la population et le PIB. En pondérant le nombre de médailles selon la population, c’est la petite Grenade (110.000 habitants mais une médaille d’or, pour le sprinter Kirani James au 400 m) qui sort en tête, devant la Jamaïque et les Bahamas. En comparaison du PIB, la médaille d’or et d’argent restent les mêmes, mais le bronze échoit à la Corée du nord, avec six médailles dont quatre titres.

>>A lire: pourquoi la Corée du Nord gagne autant de médailles

Le classement «vieux empires»

Le site Oldelympics s’est lui amusé à calculer le classement, non pas des pays, mais des anciens empires. Verdict: l’empire mongol arrive premier (285 médailles, dont plus de 100 en or), devant l’empire romain, l’empire britannique et l’ex-URSS.

La France napoléonienne (qui incluait l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas, l’Espagne…) se classe sixième, juste devant la zone euro, tandis que l’Empire espagnol du 16e siècle sauve l’honneur de l’Espagne, qui n’a remporté que 17 médailles à Londres.

Le classement de tous les temps

Si on compile les résultats de tous les JO depuis 1896, les Etats-Unis sont largement devant, et sans doute encore pour longtemps, avec deux à trois fois plus de médailles que l’Allemagne. En nombre total de breloques, la France devrait rester quatrième des pays existants encore une ou deux olympiades, mais, en nombre de médailles d’or, devrait être dépassée dès Rio 2016 par la Chine, qui ne participe systématiquement aux JO que depuis Los Angeles 1984. Sur ce dernier critère, elle reste aussi sous la menace de l’Italie, qu’elle ne devance que de trois titres.

Jean-Marie Pottier

Jean-Marie Pottier Rédacteur en chef, responsable de la newsletter politique «Le Jour d'après». Auteur de «Indie Pop 1979-1997» et «Ground Zero. Une histoire musicale du 11-Septembre» (Le Mot et le Reste).

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