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Pourquoi les pistes d'athlétisme sont-elles rouges?

Ludivine Olives, mis à jour le 10.08.2012 à 18 h 42

Et peut-on améliorer les performances avec la surface utilisée?

Départ d'une série du 4X400m, le 9 août. REUTERS/David Gray

Départ d'une série du 4X400m, le 9 août. REUTERS/David Gray

Les compétitions d’athlétisme des JO de Londres, qui se terminent ce samedi sur la piste du stade olympique, ont enregistré un record du monde (800m messieurs), un record olympique (100m messieurs, un des plus rapide de l’histoire). Une piste ultra rapide, expliquent les commentateurs. Comment fait-on pour accélérer une piste, et pourquoi est-elle rouge?

Les normes de l’IAAF (International Association of Athletics Federations) actuelles ont été codifiées aux Jeux olympiques d’été en 1982: les pistes d’athlétisme doivent faire 400 mètres de long et peuvent comporter jusqu’à 8 ou 9 couloirs de 1,22 mètres de large (9 dans le cas de Londres).

Cela n’a pas toujours été le cas. Sans remonter aux pratiques grecques, à l’époque où l’athlétisme devient une discipline sportive (XVIIIe siècle, en Angleterre), les pistes sont généralement de la terre battue et de l’herbe. Suivra ensuite la cendrée, brique ou grise. Problème: les sportifs dérapent, se blessent et surtout ne sont pas assez rapides. Les couloirs n’existent pas encore. On décide de les instaurer à la suite des Jeux de Londres en 1908, à cause d’un différend opposant Anglais et Américains. Lors de la course du 400m, trois athlètes américains auraient volontairement gêné un concurrent anglais.

Les juges, tous britanniques, décident d’annuler la course et de la reprogrammer au lendemain. Afin d’être sûr que cette tricherie ne soit pas réitérée, ils créent des couloirs séparés  par… des cordes. Résultat? Les Américains ont boycotté l’épreuve. Suite à cet incident, des couloirs tracés par des lignes blanches sur le sol furent mis en place.

Il faudra attendre les Jeux de Mexico, en 1968, pour voir arriver les premières pistes synthétiques en tartan composées de polyuréthane, dont la couleur de base est le rouge.

Les pistes des Jeux olympiques

Depuis Montréal en 1976, c’est la société Mondo qui est «fournisseur officiel pour les pistes et l’équipement» des Jeux olympiques et des Jeux paralympiques. En collaborant avec des laboratoires engagés dans l'étude de la science et de la biomécanique, comme l'Université de Zurich, l'Université de Rome, Harvard, l'Institut de biomécanique de Valence et l'Université de Calgary, Mondo assure offrir une piste adaptée aux athlètes en leur assurant vitesse, sécurité et confort.

Les pistes Mondo sont considérées comme les plus rapides car leur conception est minutieusement étudiée. Après avoir conçu des pistes en tartan — au départ là encore une entreprise, Tartan, qui concevait des pistes en polyuréthane, Mondo est passé au caoutchouc.

Le «gaufrage» de la partie supérieure de la piste offre une plus grande zone de contact entre la chaussure et le sol, ce qui permet une amélioration de l’adhérence au sol. Mais cette couche permet également de restituer l’énergie des athlètes: elle agit comme un tremplin qui «propulse» un peu plus l’athlète à chaque foulée. La couche inférieure, en contact avec l’asphalte, se replie facilement dans n’importe quelle direction et permet plus de confort. Les concepteurs ne mesurent pas l’augmentation de la performance, mais ils font valoir que depuis 1976, année des Jeux Olympiques de Montréal où la première piste en caoutchouc est préférée  au tartan, 230 records au monde ont été battus sur ce type de revêtement.

La couleur de la piste, elle, n’a pas souffert du changement de matériau. Les pistes ont conservé leur couleur rouge non pas pour une question de pigments de polyuréthane, ce qui est le cas du tartan, ou même par convention: le rouge est la couleur qui résiste le mieux aux rayons ultra-violets du soleil.

Mais il n’est pas interdit de concourir sur une piste d’une autre couleur, du moment que le marquage au sol reste bien visible. Ainsi lors  des championnats du monde d'athlétisme à Daegu en 2011, les pistes étaient… bleu ciel. Selon Mondo, cette couleur avait été choisie «afin d'améliorer la concentration des athlètes, et de réduire la fatigue des yeux des téléspectateurs».

Ludivine Olives

L’Explication remercie Didier Feuilloley, chargé de mission  «installation et matériel»  à la Fédération Française d’Athlétisme, Sylvain Charlet auteur de «L'Athlétisme à travers les siècles» et Mondo France.

Ludivine Olives
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