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Pourquoi on a raison de se focaliser sur les seins qui sortent des maillots au water polo

Slate.com, mis à jour le 10.08.2012 à 15 h 45

REUTERS / Sergio Moraes

REUTERS / Sergio Moraes

Durant la première année de ma carrière de joueuse de water-polo au lycée, j’étais vraiment, vraiment mauvaise. J’étais une assez bonne nageuses, je pouvais envoyer la balle et, au moins la moitié du temps, l’envoyer à proximité de l’une de mes coéquipières.

Ma crainte paralysante du contact physique, en revanche, m'a tenue hors de la piscine, reléguée à applaudir mes coéquipières plus intrépides. Il m’a fallu une saison entière pour me rendre compte que tout ce qui se passait sous l’eau, (attraper, pousser, bousculer, donner des coups de pied) faisait partie de ce sport, et que je devais attraper, pousser, bousculer, et rendre les coups de pieds si je voulais jouer.

Mercredi, Sam Borden du New York Times a souligné les aspects les plus vicieux de ce sport notant que la lutte pouvait laisser les femmes dénudées. Il y a une semaine, une joueuse américaine «a tiré le  maillot de son adversaire et a brièvement mis à nu le sein d’une joueuse espagnole à la vue de tous». L'article note également qu'une autre membre de la Team USA «a joué environ 10 minutes d'un match seins nus lors des Jeux olympiques 2000, quand une adversaire a déchiqueté son maillot lorsqu’elles se sont penchées sur la balle mais que le match a continué».

Sur Feministing, Chloé Angyal a critiqué le New York Times pour s'être concentré sur l'exposition de certaines «parties des dames». Le New York Times «aurait pu saisir l'occasion de parler de la façon dont le water polo peut être brutal, ou comment la technologie du  maillot de bain n'a pas encore fourni aux  joueuses de tenues qui ne se déchirent pas ou ne s’étirent pas, a écrit Angyal. Au lieu de cela: des seins! Héhéhé!».

Bien que Chloé Angyal ait raison, le New York Times semble un peu trop enthousiaste à l'idée de voir un sein nu, je ne pense pas que l'article ait été une occasion perdue de parler de résistance. Si vous regardez la finale de la compétition entre l'Espagne et les Etats-Unis jeudi après-midi, vous verrez tout de suite que le water-polo est très exigeant physiquement. Tout le monde peut voir que les joueuses nagent vite et fort et sans relâche, et il est assez facile de constater que vous dépendez uniquement de vos propres jambes et de votre capacité à nager pour vous préserver de la noyade.

La facette de ce sport qui a besoin de plus de couverture médiatique, c'est ce qu'il se passe sous la surface, ce que Sam Borden du Times appelle «la guerre sous-marine».  Si vous pouvez ne pas vous arrêter aux joueuses nues, l’article du New-York Times fait bien de mettre en évidence la bousculade sous-marine de ce sport, permettant à ceux qui n’ont jamais joué au water-polo de comprendre un aspect souvent négligé du sport.

Se déplacer dans l'eau pendant 30 minutes, c'est déjà assez dur. La simple tâche de se maintenir à la surface devient presque impossible quand vous avez un autre joueur pratiquement sur vous, qui saisit l’entrejambe de votre maillot en vous tirant vers le bas de toutes ses forces.

Oui, le water-polo est plus qu'une simple collection de bouts de seins et de plans zoomant sur l’entrejambe. Mais si quelques mentions de seins permettent de montrer la difficulté de jouer à un sport de contact dans l'eau, alors je suis tout à fait pour.

Natasha Geiling

Traduit par Ludivine Olives

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