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JO 2012: L'affaire Drygalla plonge

Annabelle Georgen, mis à jour le 09.08.2012 à 10 h 10

Nadja Drygalla le 25 juillet 2012.  REUTERS/Jim Young

Nadja Drygalla le 25 juillet 2012. REUTERS/Jim Young

En quittant le village olympique vendredi dernier, la rameuse allemande Nadja Drygalla espérait couper court à la polémique déclenchée par la révélation dans la presse que son compagnon se trouve être un ancien candidat du NPD, un des deux partis d'extrême droite allemands. Son départ en trombe n'a cessé depuis de faire couler de l'encre dans les journaux allemands.

«Je ne voulais simplement pas être un poids pour l'équipe, dont une partie est toujours dans la compétition et doit se concentrer. Je ne voulais pas affecter d'autres personnes à cause de l'agitation qu'il y a eu autour de ma personne», a-t-elle expliqué dimanche dernier dans une interview donnée à l'agence de presse DPA, que publie le Welt.

Nadja Drygalla a expliqué qu'elle connaissait les opinions politiques de son compagnon et qu'elle était au courant de ses activités au NPD mais s'en est clairement distancée: «Je n'ai eu aucun lien avec son cercle d'amis et cette scène et je m'y refuse absolument. N'importe qui peut faire des recherches à mon sujet comme bon lui semble: il ne trouvera rien chez moi dans ce domaine

L'athlète a ajouté qu'avant que son compagnon quitte le parti en mai dernier et rompe tout lien avec le milieu d'extrême droite, leur relation en avait beaucoup souffert:

«Lors de nombreuses discussions, je lui ai dit clairement que je ne partageais pas cette opinion et que je n'étais pas de son côté. […] Il a aussi été question de se séparer

Surveiller les sportifs

En quelques jours, Drygalla est passée de bête à abattre à victime collatérale dans les médias. Thomas Demaizière, le ministre de la Défense allemand, n'a pas attendu que le vent tourne pour manifester son soutien à l'égard de la jeune athlète sacrifiée, lançant à un parterre de journalistes:

«Où se situent en fait les frontières? Appartient-il vraiment aux pouvoirs publics de passer au crible, de regarder les cercles d'amis des sportives et des sportifs? Devons-nous exiger des sportives et des sportifs qu'ils révèlent avec qui ils sont amis et quelles sont leurs opinions? Où se trouve la frontière? Je crois que là, nous l'avons déjà dépassée.»

La polémique a également soulevé un débat au sein du ministère de l'Intérieur allemand, qui étudie actuellement la possibilité d'exiger des sportifs de haut niveau et des fédérations qui demandent des subventions au gouvernement de se livrer à une profession de foi contre l'extrémisme. Cette clause pourrait s'inspirer de la clause extrémisme mise en place par le ministère de la Famille, qui exige des porteurs de projets subventionnés de signer une déclaration dans laquelle elles s'engagent à respecter les valeurs de la démocratie.

Une précaution que Michael Vesper, chef de la délégation de l'équipe d'Allemagne, considère comme «superflue». Il a déclaré:

«Nous ne voulons pas de services secrets dans le monde du sport et pas de tests de mentalité

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