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Contre Usain Bolt, tout le monde courra toujours pour la deuxième place

Justin Peters, mis à jour le 08.08.2012 à 13 h 49

Usain Bolt après sa victoire au 100 mètres aux JO de Londres, le 5 août 2012. REUTERS/Kai Pfaffenbach

Usain Bolt après sa victoire au 100 mètres aux JO de Londres, le 5 août 2012. REUTERS/Kai Pfaffenbach

Deux heures avant la finale masculine du 100 mètres, le journaliste de Sports Illustrated Tim Layden a fait une prédiction audacieuse sur Twitter:

«Ok, mon choix pour le 100m: 1) Gatlin 2) Bolt 3) Blake»

Layden n'était pas le seul à parier contre Usain Bolt. Le sprinter jamaïcain n'avait pas couru un 100 mètres aussi compétitif depuis 2009, quand il a établi le record du monde de 9,58 secondes. En 2011, un faux départ l'a exclu du championnat du monde. Aux qualifications olympiques jamaïcaines cette année, il a perdu contre Yohan Blake au 100 mètres et au 200 mètres. En mars, il a perdu une course contre le Prince Harry.

Mais à Londres, du haut de ses vingt-cinq ans, Bolt n'a laissé aucun doute sur sa qualité de meilleur sprinteur de l'histoire. En demi-finale il a couru en 9,87 secondes tout en faisant le dos crawlé. En finale, contre les meilleurs adversaires de l'histoire olympique, il a couru un 100 mètres à vous couper le souffle, s'envolant devant Blake et Justin Gatlin dans un record olympique de 9,63 secondes.

On a toujours reproché à Bolt de n'être qu'un fanfaron prétentieux qui ne travaille pas aussi dur que les autres. Vus ses résultats relativement pauvres cette année, qu'il a attribués à des problèmes de dos, il semblait que les dieux du sport pouvaient être en train de le punir de sa mauvaise éthique de travail. Clairement Bolt s'entraîne dur, mais quand vous êtes du genre à dire «beaucoup de gens pensent que je suis paresseux –et je le suis parfois», vous encouragez ce type de critiques.

La préparation de Blake n'était absolument pas à remettre en question. Le Jamaïcan de 22 ans, qui a gagné les championnats du monde de 2011 après le faux départ de son compatriote, a été baptisé «La Bête», par Bolt. «Quand vous dormez, je travaille, je suis à la peine toute la nuit», a dit Blake au Guardian cette année. «C'est ce que les grands hommes font».

Mais, comme Michael Phelps vient de le montrer dans la piscine, la grandeur n'a rien à voir avec qui travaille le plus dur ou s'entraîne le plus souvent. Comme Phelps en natation, Bolt est juste meilleur que tous les autres, peu importe à quel point ils s'entrainent. Dans la finale de ce dimanche 5 août, le champion du monde Blake et le champion olympique de 2004 Gatlin ont chacun battu leur propre record (avec 9,75 et 9,79 secondes). Bolt les a explosés tous les deux. S'ils ont réussi à obtenir quoi que ce soit, c'est à forcer l'homme le plus rapide du monde à courir jusqu'à la ligne d'arrivée, un vrai sprint qui a produit le deuxième 100 mètres le plus rapide de l'histoire.

Pendant que Bolt a quitté le Stade olympique de Londres avec sa quatrième médaille d'or, Tyson Gay n'en a toujours remporté aucune. Dimanche, Gay a fini 4ème dans un temps, 9,80 secondes, qui aurait gagné n'importe quelle finale olympique sans Usain Bolt. Le sprinteur américain a fondu en larmes après coup. «J'ai donné le meilleur de ce que j'avais», a-t-il dit. Mais quand vous êtes face à un grand, ce que vous avez de meilleur ne sera jamais assez bon.

Justin Peters

Traduit par Cécile Dehesdin

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