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Pourquoi les athlètes payent les juges pour contester une décision?

Justin Peters, mis à jour le 02.08.2012 à 10 h 16

On a pu voir le coach de l'équipe japonaise de gymnastique donner des billets aux juges. Ne vous inquiétez pas, ce n'était pas un pot de vin.

Le coach japonais donne de l'argent aux juges olympiques pour faire appel. Capture d'écran de NBC, via business insider

Le coach japonais donne de l'argent aux juges olympiques pour faire appel. Capture d'écran de NBC, via business insider

Un coach japonais de l'équipe de gymnastique a donné de l'argent en liquide aux juges ce lundi, sous les yeux étonnés des télespectateurs. Ce n'était pas un pot de vin, mais une caution déposée par l'équipe japonaise pour avoir le droit de protester contre le score obtenu par l'un de ses gymnastes au cheval d'arçon (le Japon a gagné son appel et est passé de la quatrième à la deuxième place, obtenant une médaille d'argent).

Capture d'écran de NBC, via business insider

Dans le différend qui a vu l'escrimeuse sud-coréenne Shin A Lam rester assise sur la piste pendant une heure, ses coachs ont également dû donner du cash pour pouvoir contester la décision des juges (ils ont perdu).

Pourquoi est-ce qu'il faut payer pour contester des décisions olympiques? Et combien ça coûte?

Bien que le Comité olympique international organise les Jeux d'été et d'hiver, le management au quotidien de chaque événement sportif est laissé aux fédérations internationales autonomes qui gèrent chaque sport. La charte olympique stipule que ces fédérations sont chargées du «contrôle technique et de la direction de leur sport aux Jeux olympiques».

Autrement dit, il n'y a pas une seule procédure d'appel utilisée par tous. Il y a au moins 27 fédérations qui s'occupent d'événements aux Jeux, et chacune a ses propres règles pour les contestations. Certaines exigent que celui qui fait appel dépose une caution, vraisemblablement pour éviter les appels pas sérieux. L'équipe japonaise a donné un billet de 100 dollars pour contester la décision en gymnastique ce lundi, et comme l'appel a été victorieux, l'argent a dû lui être rendu.

Les appels en escrime sont un peu moins chers: la Fédération internationale d'escrime (FIE) demande à ce que «chaque appel soit accompagné d'une caution de garantie de 80 dollars, ou son équivalent dans une autre monnaie; cette somme peut être confisquée par la FIE si l'appel est rejeté parce qu'il est jugé "frivole"; cette décision sera prise par l'autorité judiciaire qui entend l'appel».

La Fédération internationale de boxe demande 500 dollars («si l'appel est confirmé, des frais administratifs de 100 dollars seront retenus et le reste de la somme sera rendu. Si l'appel est rejeté, la somme totale ne sera pas rendue.»). Celle de handball demande 500 francs suisse. Si vous n'avez pas de liquide, dirigez-vous vers le taekwondo: la Fédération mondiale de taekwondo stipule que vous pouvez faire appel sans avoir à donner d'argent.

Toutes ces distinctions pourraient sembler n'être qu'une politique typiquement confuse des JO, mais cette organisation est logique. Le CIO a déjà assez de mal à faire son boulot (c'est-à-dire, d'après sa charte, «à promouvoir l'Olympisme à travers le monde et à diriger le mouvement olympique»). Il ne parviendrait jamais à mettre en place et en application de manière compétente les règles pour chacun des sports joués sous son nom.

Si le CIO était responsable du schmilblick, il augmenterait probablement de dix fois la somme nécessaire pour faire appel, avant de perdre la vidéo du match contesté. Bien que Shin A Lam et ses coachs ne soient peut-être pas d'accord, c'est mieux que ça se déroule ainsi.

Justin Peters

Traduit par Cécile Dehesdin

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