LifeJO Londres 2012 directJO-Londres-2012

JO de Londres: la petite histoire des Jeux

Catherine Bernard, mis à jour le 12.08.2012 à 9 h 29

Disciplines loufoques, concurrents atypiques, petites manœuvres… l'histoire des Jeux a sa face cachée qu'un livre d'anecdotes a décidé de raconter.

L'équipe espagnole de natation synchronisée, le 10 août 2012. REUTERS/Marcelo Del Pozo

L'équipe espagnole de natation synchronisée, le 10 août 2012. REUTERS/Marcelo Del Pozo

Les Jeux Olympiques n'ont pas toujours été une immense machine marketing aux rouages bien huilés, et à l'organisation —presque— irréprochable. Longtemps, ils ont été avant tout des jeux. Des jeux terriblement sérieux, certes, mais où le destin échappe parfois à ceux qui tentent de le diriger.

C'est ce que nous rappelle un petit ouvrage publié récemment, Petites histoires du 100 mètres et autres disciplines sportives, rempli de courtes anecdotes. Ensemble, elles montrent que gagner aux Jeux est un savant mélange de travail, d'obstination, mais aussi de chance, de politique voire de manipulation.

Les Jeux, une partie de plaisir...

Les JO sont d'abord des Jeux. Telle était sans conteste la philosophie de Micheline Ostermeyer, championne olympique du poids en 1948 et qui a aussi brillé dans d'autres contextes en sprint, hauteur, disque et pentathlon. Car pour la dame, le sport était surtout un moyen de se détendre ...avant de faire ses gammes! Micheline Ostermeyer était avant tout une pianiste, concertiste réputée qui consacrait «cinq heures par jour au piano et cinq heures par semaine au sport!». Et donnait un concert le soir même de sa victoire au lancer du poids.

Petites manoeuvres entre amis

Les faux départs au sprint? Il fut un temps où les responsables d'un faux départ devaient tout simplement... reculer d'un mètre pour expurger leur faute. C'est ainsi que l'américain Hahn remporta le 200 mètres aux JO de Saint Louis en 1904. Un titre certes mérité puisqu'il faudra 24 ans pour détrôner son chrono (21''6) mais qu'il doit aussi au faux départ de trois de ses plus sérieux concurrents, contraints donc de laisser à Hahn un mètre d'avance. Sauf que leur erreur aurait été imputable à un geste du champion qui les aurait trompés. Intentionnellement ou accidentellement?

Des athlètes en vadrouille

Un petit somme en plein marathon? C'est possible! C'est ce qui arriva lors des Jeux Olympiques de Stockholm, en 1912. Sous la canicule (oui, à Stockholm!), le Japonais Shizo Kanakuri s'effrondra dans un jardin dont les habitants, compatissants, lui offrirent un lit pour se reposer. Ce qu'il fit plus que copieusement... Laissant les organisateurs inquiets sans nouvelles de lui pendant 40 ans lorsqu'enfin, retrouvé par un journaliste, il accepta de raconter, non sans gêne, son histoire...

Un cocktail pour l'effort

Pour tenir  un marathon , on ne lésinait pas sur les moyens, en 1904. Le vainqueur, l'américain Thomas Hicks (arrivé second, mais déclaré vainqueur après la disqualification du premier pour avoir effectué quelques kilomètres... en voiture), a franchi la ligne d'arrivée en titubant, étant soutenu depuis une quinzaine de kilomètres par un cocktail strychnine -brandy. 

Le dernier sprinter blanc vainqueur des JO

Le dernier vainqueur blanc du 100 mètres olympiques était un écossais, Allan Wells. Vainqueur à Moscou en l'absence des Américains. Un concours de circonstances? Pas tout à fait puisque, nous racontent les auteurs, Wells dominera l'élite du sprint -y compris le jeune Carl Lewis- les deux saisons suivantes. Le chrono à l'époque était cependant de 10''25.

La force n'était pas avec lui

L'escrimeur britannique Bob Anderson n'a pas décroché de médaille lors des Jo d'Helsinki en 1952. Mais il s'en est sans doute consolé: embauché pour entraîner Errol Flynn dans les rôles de cape et d'épées, il s'est reconverti dans le cinéma. Allant même jusqu'à manier le sabre laser pour le compte de Dark Vador dans La Guerre des étoiles

Trois secondes de trop

Les Américains avaient gagné. Ou du moins ils le croyaient. Et se congratulaient. Mais en 1972, l'équipe russe obtint de faire rejouer les trois dernières secondes du match de la finale du basket, les arbitres ayant négligé d'octroyer le temps mort demandé par l'entraîneur soviétique. Et... ils gagnèrent. 

La main droite ou la main gauche?

Champion de tir au pistolet, Karoly Takacs, hongrois, voulait vraiment gagner les Jeux. Las. Une grenade emporte sa main lors d'exercices militaires. Qu'à cela ne tienne: il apprend à tirer de la main gauche. Et devient champion olympique à 38 ans, puis à 42 ans, à Londres et Helsinki. Vous avez dit obstination?

A la fin, la politique est la plus forte

Mais les Jeux Olympiques ont aussi constitué une arène politique. Attentats (Munich en 1972), boycott (Moscou et Los Angeles)... certains se souviennent aussi du podium du 200 mètres en 1968 à Mexico et de la déclaration deux Américains (1er et 3ème), contre la discrimination raciale aux Etats Unis. Le second, l'Australien blanc Peter Norman, solidaire du mouvement, sera lui aussi sanctionné.

On se souvient moins sans doute du bras d'honneur lancé par le polonais Wladyslaw Kozakiewicz a au public soviétique lors des JO de Moscou, lorsqu'il a décroché l'or et le record du monde du saut à la perche. Solidarnosc n'était pas loin.

Catherine Bernard

Catherine Bernard
Catherine Bernard (148 articles)
Journaliste
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte