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Peut-on empêcher les juges d'être subjectifs?

Pauline Moullot, mis à jour le 31.07.2012 à 12 h 33

Les juges contrôlent les écrans après une plainte del’équipe japonaise de gymnastique le 30 juillet. REUTERS/Brian Snyder

Les juges contrôlent les écrans après une plainte del’équipe japonaise de gymnastique le 30 juillet. REUTERS/Brian Snyder

Comment juger les épreuves des JO en restant complètement objectif? Le Wall Street Journal s’interroge sur la subjectivité des juges lors des Jeux.

Le parti pris serait difficile à éviter et particulièrement évident lors des épreuves de gymnastique, plongeon, boxe et dressage.

Un constat qui émerge alors que le boxeur brésilien Robson Conceicao accuse les arbitres d’avoir été partiaux lors de sa défaite (9-13) contre le Britannique Josh Taylor.

Le Telegraph rapporte les propos du boxeur:

«Ce résultat est injuste. J’ai très bien boxé et marqué plein de points. Ils ne les ont pas vus, bien sûr, parce qu’il combat chez lui (…) J’ai vraiment pensé que les juges ont été influencés par le public. Ça ne devrait pas arriver dans une compétition aussi importante.»

A l'inverse, l'objectivité totale des juges peut même provoquer quelques querelles familiales, révèle Associated Press. Le kayakeur néo-zélandais Mike Dawson s'est qualifié pour les demi-finales malgré une pénalité de deux secondes qui lui a été imposée par... sa propre mère.

Une décision qui «dissipe toute suspicion de prise de parti et je n'accepterais pas qu'il en soit autrement» explique le sportif. Avant de plaisanter «elle a eu raison, comme je m'y attendais... Mais je vais faire de mon mieux pour la distraire pendant les demi-finales.»

Le Wall Street Journal rapporte qu’une étude du statisticien Eric Zitzewitz montre qu’il n’existe aucun système idéal pour éviter la subjectivité, qu’elle soit consciente ou non. Par exemple, ne pas prendre en compte les notes les plus hautes et les plus basses pour ne garder que le reste pourrait être efficace si l’on retire les six notes les plus hautes et que six juges ont tendance à noter large, mais s'ils sont huit ou neuf, la méthode perd toute son efficacité.

C’est pourtant le système mis en place lors des épreuves de gymnastique où les notes extrêmes ne sont pas prises en compte.

Il ne faut pas non plus juger de la subjectivité d’un juge sur les notes qu’il donne. L’exemple d’un juge chinois qui donnait de très bonnes notes en plongeon révèle qu’en fait le juge en question notait large tous les candidats. Une subjectivité qui s’annule, contrairement à celle de juges qui favoriseraient les plongeurs en fonction de leur nationalité.

A la suggestion de l’économiste Jungmin Lee d’augmenter le nombre de juges, Zitzewitz répond que cette mesure serait trop coûteuse et risquerait de réduire la qualité des juges.

Beaucoup s’accordent pour affirmer que les partis pris seraient moindres si le système de notation était plus transparent et toutes les notes révélées au grand-public et pas seulement aux médias accrédités.

«Il serait naïf de penser qu’il existe un système parfait contre la manipulation (…) la meilleure chose à propos de la transparence, c’est que cela t’aide à détecter toute forme de manipulation.»

Pauline Moullot
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Journaliste
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