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Les JO catastrophiques de la chaîne américaine NBC

Capture d'écran de Nbcolympics.com

Cette année, la chaîne américaine NBC a donné aux personnes qui regardent les Jeux olympiques le choix: ils peuvent soit regarder les épreuves à la télévision, soit les streamer en direct sur Internet (à condition d’être abonné à la chaîne de télévision). Mais ceux qui regardent à la télévision feraient mieux de ne pas trop critiquer, sous peine de perdre leur compte Twitter. Et pour ceux qui choisissent de regarder en direct et dont le navigateur plante, eh bien, c’est de leur faute.

La chaîne fait tout ce qu’elle peut pour amortir le 1,18 milliard de dollars (environ 960 millions d’euros) qu’elle a payé pour la retransmission des Jeux, peu importe le retour de bâton violent ou la vague de tweets #nbcfail.  Sur le papier, sa stratégie en deux temps semble raisonnable sur le plan économique, comme l’a souligné Derek Thompson sur The Atlantic: streamer les JO en direct toute la journée satisfait les vrais passionnés, tandis que le décalage des épreuves pour qu’elles soient diffusées en prime time à la télévision permet au plus grand nombre de ne rien rater des publicités lucratives.

Mais c’est quand les passionnés refusent d’être satisfaits et que les téléspectateurs se font entendre que les choses se gâtent. Pourquoi les gens n’arrivent-ils pas à réaliser que les problèmes techniques sont de leur faute et que c’est mal de tenir pour responsables les employés de la chaîne?

Le couac de la cérémonie d'ouverture

Les problèmes ont commencé le premier jour, quand NBC a refusé de streamer la cérémonie d’ouverture en direct, à la surprise et au grand dam de nombreux téléspectateurs en puissance. L’explication semblait pourtant simple: le délai a permis à la chaîne de battre des records d’audience. Mais en fait, NBC a mis les choses au point: les audiences n’avaient rien à voir là-dedans. La vraie raison était que le spectacle était trop «complexe» pour que les internautes comprennent sans l’aide et le contexte donnés par «l’équipe de production primée» de NBC (et que ce contexte fut éclairant!)

Ensuite, certains de ceux qui ont essayé de regarder l’affrontement entre Michael Phelps et Ryan Lochte samedi dans le 400 mètres nage libre ont vu leur navigateur planter ou n’ont pas réussi à charger le stream. Mais quand le journaliste du New York Times Richard Sandomir a questionné NBC sur ces problèmes, on lui a répondu que c’était la faute des ordinateurs ou des appareils portables des internautes. Et pourquoi pas des opérateurs de télévision tant qu'on y est?

En fait, ça aurait pu être de la faute de tout le monde, sauf de NBC. Pourtant, la chaîne a déclaré de manière magnanime qu’elle allait continuer à bidouiller de son côté pour rattraper les défauts technologiques de ses clients.

#nbcfail

Mais un journaliste têtu n’arrivait toujours pas à se faire à l’idée que les patrons de NBC ne soient pas mis en cause pour tout ce désordre. Guy Adams, un correspondant du journal britannique The Independent à Los Angeles, a lancé une volée de tweets critiques envers la chaîne tout au long du week-end, avec comme bouquet final la publication de l’adresse email du président de NBC Olympics Gary Zenkel (une adresse pas si difficile à deviner).

Peu après, le compte Twitter d’Adams était suspendu et ses tweets effacés. Le réseau social a informé Adams qu’il avait enfreint les règles d’utilisation du site concernant «la publication de données privées d’un individu». Et qu’est-ce qui a bien pu décider Twitter à mettre en application cette règle jusqu’ici peu connue? Un porte-parole NBC a reconnu que la chaîne s’était plainte à Twitter, mais a ajouté que «Twitter était le seul décideur des sanctions».

Etant donné que Twitter est partenaire de NBC pour la création d’une page olympique officielle, mon premier réflexe serait de penser que la chaîne a peut-être exercé un peu de pression. Mais c’est sans doute juste que la situation est trop complexe pour que je comprenne.

Will Oremus

Traduit par Grégoire Fleurot

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