Le Comité international olympique (CIO) a tenu sa promesse et n’a pas fait
respecter une minute de silence pendant la cérémonie d’ouverture des Jeux
olympiques vendredi 27 juillet. Au lieu de cela, il y a eu deux moments de
recueillement. Aucun des deux n’a été pour les 11 athlètes israéliens assassinés
lors des Jeux olympiques de Munich en 1972.
D’abord, la cérémonie a fait une pause pour «un moment de souvenir pour tous
les peuples de tous les pays» afin d’honorer «ceux tombés pendant les deux
guerres mondiales et tous les autres conflits» selon les mots des commentateurs
de la BBC.
Après ce moment générique pour la guerre, la cérémonie a fait une nouvelle
pause de réflexion silencieuse «pour
respecter notre mur de la mémoire pour les amis et les familles de ceux présents
dans le stade qui ne peuvent pas être ici ce soir». Selon la BBC, «il a été demandé aux spectateurs de
présenter des images de leurs êtres chers» qui sont morts.
Le président du CIO, Jacques Rogge, avait tenté précédemment de justifier la
décision de ne pas honorer les victimes des attentats terroristes de Munich en
expliquant que «la cérémonie d’ouverture
a une atmosphère qui n’est pas adaptée à la mémoire d’un incident aussi
tragique.»
Il est désormais clair que Rogge ne disait pas toute la vérité. Le problème
n’était pas que la cérémonie d’ouverture n’était pas adaptée à la mémoire des
tragédies. C’est simplement que le CIO voulait choisir quelles tragédies il
voulait commémorer. Ceux tombés pendant les guerres mondiales et les proches
décédés des personnes qui avaient un ticket pour assister à la cérémonie d’ouverture
ont passé les sélections. Pas les victimes d’un attentat terroriste qui s’est
produit aux Jeux olympiques il y a quarante ans.
Jeremy Stahl
Traduit par Grégoire Fleurot
Le président du CIO a sans doute toutes les meilleures raisons "de ne pas honorer les victimes des attentats terroristes de Munich" et de choisir "quelles tragédies il voulait commémorer", mais je ne pense pas qu'il en soit de même pour les journalistes de Slate.fr, dont aucun que je sache ne fait partie de ce Comité.
Il serait donc à l"honneur de notre site de rappeler cet attentat terroriste perpétré il y a 40 ans, contre l'équipe olympique d'Israël, par le groupe palestinien "Septembre noir", à l'occasion des jeux de Munich 1972, censés être l'anti-"Berlin 1936" !
Ce serait d'autant plus facile que Berlin vient de reconnaître les défaillances qui ont conduit à la mort de 11 otages et un policier.
Résumons :
- Der Spiegel note cette semaine, que 17 signaux d'alerte évoquant des actions terroristes palestiniennes ont été négligées.
- 15 000 policiers mobilisés sont tenus à l'écart, "en réserve".
- Dans le village olympique patrouillent 2 000 vigiles sans arme, "même pas une matraque en caoutchouc".
- Le bâtiment de la délégation israélienne ne bénéficie d'aucune surveillance nocturne.
Quand l'attentat a commencé, on s'aperçoit que le nombre des tireurs d'élite a été volontairement limité pour "limiter les risques de bavures". En outre, non seulement les terroristes sont plus nombreux que les tireurs délite, mais deux "snipers" de la police n'ont pas leur fusil longue portée !
Il est vrai que l'époque était au "peace and love" !
Source : Le Figaro des 28 et 29 juillet 2012.
N'ont pas non plus été commémorés le 11-Septembre et les différents attentats d'Al Qaida, ni l'attentat de Sarajevo en 1914, ni Madrid en 2003, ni les persécutions que subissent les Chrétiens aux Proche-Orient...Cette cérémonie était toute entière tournée vers la célébration de l'Angleterre, l'hommage aux victimes de l'attentat de Londres était logique. Pour le rappel des morts de toutes les guerres, il était dans la ligne du Poppy Day, respecté chaque année dans le monde anglo-saxon et particulièrement en Angleterre. L'anniversaire de l'attentat de Munich n'était à mon sens qu'une option dans le cadre de la cérémonie d'ouverture, qui n'a pas été retenue sans que cela soit une négation de la gravité de ce fait.