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Crise gastronomique aux JO avec le monopole de McDo sur les frites

Cécile Dehesdin, mis à jour le 23.07.2012 à 10 h 33

The Red Lion Highgate Chips Simon Welsh via Flickr CC License By

The Red Lion Highgate Chips Simon Welsh via Flickr CC License By

Aux Jeux olympiques, il n'y a pas que le sexe, il y a la nourriture aussi (et le sport, mais c'est moins drôle). Dans le village olympique, où 10.000 sportifs sont réunis le temps de la compétition, comme dans toutes les enceintes sportives où auront lieu les épreuves, les bons mangeurs pourront goûter à toutes sortes de cuisines du monde, tout en se demandant s'il est bien logique qu'ils soient obligés de manger des frites McDonald's et de boire de la Heineken dans le pays des «chips» du fish & chips, où la bière est la boisson nationale.

McDonald's est en effet l'un des principaux sponsors des JO, et a obtenu le monopole des frites pour la compétition, au grand dam des Britanniques. On ne rigole pas sur les mots en Angleterre: les frites de McDo n'ont rien à voir avec les frites du fish & chips, explique ainsi le Guardian, qui décrit en photos tous les types de patates coupées et frites dans l'huile pour ses lecteurs ignorants (pour l'importance des «chips» en Angleterre, lire cet article de The Atlantic Cities).

Or McDonald's fait des frites, pas des «chips», et personne d'autre que McDo n'a le droit de vendre des frites américaines (ou des «chips» anglaises) aux Jeux olympiques. Seuls les restaurants qui vendent des fish & chips ont eu droit à une dérogation, mais ceux-ci n'ont pas le droit de vendre des chips seules. Tout cela a eu le don d'exaspérer les Britanniques qui travaillent aux JO et voulaient manger des chips tranquilles pour leur pause déjeuner.

Un vendeur a même affiché une note demandant aux clients de ne pas s'énerver contre les employés d'un fast-food, qui, «s'ils avaient le choix, vous serviraient des chips avec plaisir»:

Après la polémique qui a suivi, les organisateurs des JO ont obtenu l'autorisation de McDonald's que quiconque puisse servir des «chips», mais seulement aux employés de la compétition. Pour les sportifs, les visiteurs, ou les médias, ce sera frites au McDo ou fish & chips pour manger des chips. Pas dit que tous les sportifs s'en plaignent: aux Jeux de Pékin de 2008, Rafael Nadal a par exemple été vu payant sa tourné de BigMac au McDo.

Pendant ce temps-là, un membre du parlement britannique, Greg Mulholland, s'énervait contre le choix d'Heineken comme fournisseur officiel de bières aux JO britanniques, estimant:

«La bière est la boisson nationale du Royaume-Uni et le pays a une tradition forte et ancienne de brassage; en choisissant une bière étrangère produite en masse et sans goût, le comité a ignoré toutes les bières traditionnelles et délicieuses que le Royaume Uni a à offrir.»

Heineken ne s'est pas laissé faire, rappelant dans un communiqué être «la première entreprise de bière et de cidre du Royaume-Uni», et soulignant qu'en plus de bière Heineken, les enceintes des JO auraient droit «à la bière préférée du pays, la John Smith's, brassée en Angleterre».

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Cécile Dehesdin
Cécile Dehesdin (610 articles)
Rédactrice en chef adjointe
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