Pour la première fois, à Londres, les Jeux olympiques vont accueillir
un athlète handisport. Le Sud-Africain Oscar Pistorius est amputé des deux jambes
depuis qu'il a onze mois mais, grâce à des prothèses flexibles, c'est un spécialiste du sprint qui a obtenu des temps lui permettant d’être retenu dans
l’équipe de son pays pour les 4x400 mètres des JO de Londres.
Si beaucoup se félicitent de cette avancée et saluent la
performence du sportif, d’autres estiment que cette décision va à l’encontre du
fondement même de la tradition olympique: l’égalité des chances.
Mick Hume, journaliste à Spiked-online est l’un deux. D'après lui, il n'est pas équitable
que Pistorius participe. Pour lui, cette autorisation «est une violation
grave du véritable esprit du sport de compétition, qui dit que chaque
concurrent doit avoir la même chance de gagner».
Il s'appuie sur une expertise scientifique du département des sports à la
Sheffield Hallam University, publiée dans le magazine Ingenia en 2011. Le
Docteur David James, maître de conférence, observe que «les lames sont
fabriquées en fibre de carbone et ont une masse inférieure aux muscles et aux
os. Elles sont aussi élastiques et permettent au coureur de “rebondir”
grâce à peu d’énergie».
Résultat? Pistorius, moins fatigué, pourrait être
considérablement plus rapide lors de la seconde moitié d’une course de 400
mètres que ses adversaires.
Pour Mick Hume:
«Nous sommes confrontés à une
situation extraordinaire où un athlète handicapé peut réellement avoir un
avantage sur les autres athlètes.»
Pour The Guardian, il est difficile de juger si cette
décision est juste ou non. Mais le plus important reste le message d’espoir
extraordinaire qu’envoie l’athlète aux personnes handicapées. Le Britannique Adrian Adepitan,
joueur de basket en fauteuil roulant conclut:
«Oscar inspire les personnes amputées à travers le monde en
disant “regardez, vous pouvez faire de la compétition contre n’importe qui si vous travaillez suffisamment" Et pour n’importe quel fan de sport, c’est une
performance à ne pas manquer.»
À lire aussi sur Slate.fr:
Ces jambes artificielles sont un outil incontestable même si on peut dire que Pistorius fonctionne avec ses seuls muscles, un vélo aussi est un outil qui fonctionne à la puissance musculaire et on n'autorise pas les cyclistes en athlétisme que je sache, comme le saut à la perche n'est pas le saut en hauteur.
Que va t-il se passer si un athlète valide demande à courir avec les mêmes prothèses pour être à égalité avec Pistorius ?
Cela dit il y peu de chances qu'il atteigne la finale et son cas risque de rester isolé. Sa performance est extraordinaire et admirable.
les prothèses de OP seraient le nec plus ultra pour courir et lui donnerait un avantage sur les valides. les docteur david james est un imbécile. oui les prothèses sont plus légères et plus élastiques. mais de quelles chaussures dispose t il? la liaison prothèse moignon ne fait elle pas perdre cet avantage de poids? et surtout pourquoi en handisport, les athlètes prothétiques n'ont pas des temps au 400 inférieurs à ceux des valides?
refuser la fatalité est un beau combat. OP nous donne une leçon de courage et de détermination, et même si cela fait débat cela reste GRAND.
C'est l'objectivité de la mesure de la performance sportive qui est un fantasme, ça n'est pas vraiment nouveau. On veut l'égalité des chances mais pour une certaine tranche de la population qu'on considère normale. On met des catégories d'âge, des catégories de poids, de genre... peut-être y a-t-il déjà des compétitions réservées aux gauchers, parce que dans la seconde moitié du 20è siècle la construction des récit s'est focalisée sur la victoire, ne pouvant plus produire de signification sur une subjectivité quelconque.
Si nous avions réussi à nous libérer réellement de notre conditionnement moral pour nous projeter dans l'objectivité pure de la performance, les handicapés concourraient avec les femmes, les enfants, les chiens... etc. Mais si ce n'est pas le cas c'est qu'en fait nous ne sommes pas particulièrement intéressés par le fait de savoir qui court le plus vite, la compétition et le spectacle sont donc ailleurs pour le sportif et pour le spectateur. Comme le dit très bien la citation à la fin de cet article, il suffit de changer un peu les règles de la construction du récit (heureusement ça ne va pas demander trop de travail... on va pouvoir continuer de faire bosser les stagiaires dans l'industrie de la presse et se plaindre ensuite de ne pas avoir de lecteurs pour demander des subventions à l'état, tout va bien).
Il faut le laisser participer à ces JO pour le symbole et l'espoir qu'il peut procurer, une exposition dans une compétition aussi médiatique que les JO ne peut qu'être bénéfique aux personnes handicapées.
Il faut cependant commencer des maintenant à réfléchir aux conséquences de ces avancées technologiques. Si ces prothèses permettent aujourd'hui d'approcher l'organique, qu'en sera t'il dans 10, 20 ou 30ans ?
Les entreprises développant celles-ci ne vont pas s’arrêter là.
(Penser à revoir Ghost in the Shell et relire Apple Seed :)