Prouvez que vous êtes une femme. C’est quasiment ce que le comité international olympique
demande aux athlètes féminines de la compétition de Londres.
Une mesure controversée de test
de testostérone a été mise en place par
le CIO et pose la question du genre sexuel, rapporte le Guardian.
Une femme qui a été élevée comme une fille et
se considère comme telle pourrait devoir concourir avec les hommes si son
niveau de testostérone est trop élevé.
Cette condition est appelée
«hyperandrogénisme». S’il est avéré que non seulement son corps produit un
niveau élevé de testostérone mais qu’en plus ses cellules y répondent
positivement elle sera regardée comme
un homme, explique The Atlantic.
Eric Vilain, professeur de génétique à
l’université de Californie Los Angeles a fait partie du groupe
d’experts qui a conseillé le CIO. Il justifie au New York Times cette
mesure:
«Il faut
bien tracer une ligne quelque part. L’idée c’est de dire que si une femme a des
taux de testostérone plus élevés que les autres femme, cela lui donne-t-il un
avantage? Oui. Est-ce que c’est injuste? Non, tant que ces niveaux restent
inférieurs à ceux des hommes. Cela ne devrait pas être considéré comme plus injuste
que n’importe quel don génétique que posséderait n’importe quel athlète.»
Problème, le comité ne spécifie pas quel est le
taux minimal de testostérone d’un homme. L’analyse de trois experts:
un gynécologue, un expert génétique et un endocrinologue sera requise si la
situation se présente. Puisque chaque pays présente ses athlètes, le CIO
s’attend à ce que des tests soient menés au niveau national avant les JO.
Des protestations s'élèvent contre une mesure mise
en place à la suite de la controverse autour de la coureuse sud-africaine Caster
Semenya. Médaillée d’or aux championnats du monde de
Berlin en 2009, elle avait été accusée d’être en réalité un homme. Après avoir
subi des tests, elle avait dû se retirer des compétitions internationales
jusqu’en juillet 2010. Cette année, qualifiée aux Jeux olympiques de Londres, elle
a déclaré:
«J’ai été sujette à un examen
injustifié et envahissant des détails les plus intimes et privés de mon être.»
Plus qu’une question de dopage ou d’avantages
injustes, les opposants à cette mesure critiquent une perception erronée et des
préjugés contre des personnes dont le genre n’est pas conforme aux idées
reçues.
À lire aussi sur Slate.fr: