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Kinesio: à quoi servent ces bandes sur la peau des athlètes?

Grégoire Fleurot, mis à jour le 23.07.2012 à 10 h 27

Mario Balotelli fête son second but face à l'Allemagne en demi-finale de l'Euro 2012 à Varsovie le 28 juin, REUTERS/Thomas Bohlen

Mario Balotelli fête son second but face à l'Allemagne en demi-finale de l'Euro 2012 à Varsovie le 28 juin, REUTERS/Thomas Bohlen

C’est sans doute l’une des images les plus marquantes de l’Euro 2012: l’attaquant italien Mario Balotelli enlevant son maillot après son second but contre l’Allemagne en demi-finale, et faisant admirer sa musculature dans une pose mémorable. Un détail a retenu l’attention de nombreux téléspectateurs ce soir-là, les trois bandes bleues collées dans le dos de l’athlète. Mais à quoi donc servent ces fameuses bandes, que l’on aperçoit sur la peau de plus en plus d’athlètes dans pratiquement tous les sports? BBC News a enquêté sur la question.

Le fabricant japonais de ces bandes, Kinesio, assure qu’elles aident à guérir les blessures, écrit le site britannique. Si la popularité des bandes n’a vraiment explosé qu’après les Jeux olympiques de Pékin, où de nombreux athlètes les ont utilisées, l’idée date en fait des années 1970, quand le chiropracteur japonais Kenzo Kase cherchait une alternative au bandage traditionnel. Bien que celui-ci facilite le mouvement des muscles et des articulations, il limite aussi les mouvements et ralentit la guérison en gênant la circulation des fluides inflammatoires sous la peau selon Kase.

Kase explique que les bandes Kinesio sont différentes parce qu’elles soulèvent la peau et facilitent la circulation lymphatique, ce qui réduit la douleur et le gonflement, même s’il concède qu’il n’y a pas encore eu assez d’études scientifiques sur le sujet pour prouver l’efficacité de son produit.

Pour John Brewer de l’université du Bedfordshire, les bienfaits de l’objet sont surtout d’ordre psychologique:

«De mon point de vue, il s’agit surtout d’un effet placebo. Il n’y a pas de données scientifiques solides qui montrent que cela a un impact sur la performance ou sur la prévention des blessures. […] Mais je ne pense pas que cela peut causer de problèmes sérieux, à part perdre quelques poils.»

Le physiothérapeute Phil Newton souligne lui aussi le pouvoir de l’effet placebo, qui suffit à rendre le business des bandes juteux:

«C’est un marché de plusieurs millions de livres, mais il n’y a aucune preuve. De nombreuses entreprises fabriquent désormais ces bandes. Beaucoup de médecins les utilisent.»

Newton prédit un véritable défilé de bandes de couleurs pendant les JO de Londres. Ce qui ne serait pas pour déplaire au docteur Kase:

«Les olympiens sont des athlètes de très haut niveau. Les athlètes de très haut niveau ne sont pas des athlètes comme les autres. Ils sont hypersensibles et ils s’inquiètent. Mes bandes vont leur donner du confort. Ce ne sont pas des médicaments.»

Grégoire Fleurot
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Journaliste
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