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Euro 2012: Merkel pourra-t-elle assister à la finale sans déclencher un scandale?

Annabelle Georgen, mis à jour le 27.06.2012 à 9 h 20

Angela Merkel lors d'Allemagne-Argentine à la Coupe du monde 2010 en Afrique du sud, à Cape Town, REUTERS/Kai Pfaffenbach

Angela Merkel lors d'Allemagne-Argentine à la Coupe du monde 2010 en Afrique du sud, à Cape Town, REUTERS/Kai Pfaffenbach

Jeudi soir, même si le sommet européen la retiendra à Bruxelles, l'empêchant d'aller soutenir à Varsovie sa chère Mannschaft lors de la deuxième demi-finale contre l'Italie, il y a fort à parier qu'Angela Merkel, connue pour être une fervente supportrice de foot, se rongera les sangs derrière un écran.

Mais en cas de victoire de l'Allemagne, la joie de Merkel-supportrice pourrait vite être éclipsée par l'embarras de Merkel-chancelière. «Peut-elle aller [assister à la finale] en Ukraine et s'asseoir à côté du président, bien que la situation de la chef de l'opposition Ioulia Timochenko ne se soit pas améliorée?», s'interroge le Spiegel, qui rappelle le doute qu'elle laissait planer au mois de mai quant à un éventuel boycott de l'Euro 2012, eu égard au procès non-équitable de l'égérie de la Révolution orange. La prochaine audience du procès a été repoussée aujourd'hui au 12 juillet, ce qui «anéanti les espoirs d'une libération rapide de Timochenko avant la fin de l'Euro 2012», estime le journal.

Or, lors de sa dernière visite dans les vestiaires, à l'issue du match contre la Grèce, Merkel aurait déjà annoncé aux joueurs sa venue à la finale en cas de victoire jeudi. «Elle nous a salué et espère bien sûr que nous allons continuer à gagner, parce qu'elle viendrait à la finale justement», a déclaré Oliver Bierhoff, le manager de l'équipe.

Ces bruits de vestiaires n'ont pour l'instant pas été confirmés officiellement, mais si la Mannschaft joue en finale, l'absence de Merkel dans la tribune d'honneur est difficilement envisageable, estime le Spiegel, qui imagine deux scénarios possibles en cas de venue en Ukraine:

«Variante un: le président de l'Uefa Michel Platini, qui est contraint d'être neutre, sera placé entre Merkel et Ianoukovitch. Mais les appareils photos captureront tout de même les deux politiciens. Variante 2: Merkel rend visite à Kiev aux soutiens de Timochenko, qui ont installé leur base directement dans la zone réservée aux fans, et qui, à la colère de Ianoukovitch, est devenue un aimant à visiteurs. Les commentateurs trouveraient ça ridicule.»

La sphère politique allemande s'est d'ores et déjà emparée du débat, chacun y allant de son conseil. Thomas Strobl, président de la CDU -le parti de Merkel- dans le Bade-Wurtemberg, ne trouve pas qu'un déplacement à Kiev pose problème, mais recommande à la chancelière de porter une écharpe orange pour signifier son soutien à l'opposition, rapporte l'hebdomadaire Stern.

«J'attends de la chancelière non seulement qu’elle ne rende pas visite aux joueurs mais qu'elle émette des signaux clairs et univoques à l'égard du président ukrainien», déclare le vice-président du groupe SPD Gernot Erler sans donner plus détails.

Chez les Verts, on estime enfin que Merkel devrait tout simplement ne pas y aller, ou bien «au minimum rendre visite à Timochenko en prison», selon les mots de Volker Beck, Premier secrétaire général du parti.

Annabelle Georgen
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