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Euro 2012: Angela Merkel, la mascotte de l'équipe d'Allemagne

Annabelle Georgen, mis à jour le 22.06.2012 à 18 h 55

Angela Merkel lors d'Allemagne-Argentine à la Coupe du monde 2010 en Afrique du sud, à Cape Town, 	REUTERS/Kai Pfaffenbach

Angela Merkel lors d'Allemagne-Argentine à la Coupe du monde 2010 en Afrique du sud, à Cape Town, REUTERS/Kai Pfaffenbach

Allemagne-Grèce. Le match qui opposera ce soir les deux pays en quart de finale de l'Euro 2012 a un parfum amer. En pleine tourmente de la zone euro, le tragique de la situation déchaîne les commentaires dans la presse, qui veut voir dans cette rencontre une miniature sur gazon du conflit politique dans lequel l'Allemagne et la Grèce s'enfoncent depuis des mois. Le quotidien bavarois Süddeutsche Zeitung écrit:

«La partie renferme un double potentiel de conflits: elle est à la fois une affaire politique et sournoise sur le plan sportif. En Grèce, la rencontre avec l'Allemagne est imprégnée d'un esprit de revanche, tandis qu'en Allemagne elle est plombée par un mépris de l'adversaire très répandu. Il ne faut pas nier qu'une grande partie du public ne se fait pas une plus haute idée des qualités des onze joueurs grecs que de l'économie grecque».

Mais la présence d'Angela Merkel dans la tribune d'honneur, au côté du Premier ministre grec Antonis Samaras, apaisera peut-être les tensions en montrant que le match réunit au lieu de séparer, estime le journal.

Au-delà de cette double lecture des enjeux du match, la question qui tracasse le plus les journalistes allemands aujourd'hui est le comportement qu'aura la chancelière durant le match. Car elle s'est taillée une réputation de supportrice-culte ces dernières années, rappelle le Spiegel, qui publie un diaporama de ses plus beaux élans de fougue lors des victoires de la Mannschaft.

«Les visites de vestiaires de Merkel, ses venues lors des entraînements et ses poses en train de jubiler font désormais partie de chaque grand tournoi», estime le Spiegel, qui s'amuse de la «double personnalité» de la chancelière:

«Quand elle parle de paquets de plusieurs milliards d'euros au Bundestag, c'est sur un ton si monocorde qu'on voudrait tout de suite passer à autre chose. Quand elle tient un discours au nom du gouvernement devant le conseil de l'Europe, même sa propre équipe s'efforce de ne pas s'endormir. Merkel est au Bundestag ce qu'une boîte à musique est aux enfants: un moyen de s'endormir. Au stade, c'est complètement différent. C'est là que se montre l'autre Merkel. Parce que soudain elle ne se contrôle plus du tout. Elle jette ses poings en l'air, pousse des cris de joie, s'arrache les cheveux, il est aussi arrivé qu'elle saute au coup du président du DFB [Fédération allemande de football]. Merkel est en extase.»

Le Spiegel salue le fait que les photos qui la montrent dans la tribune n'ont jamais l'air d'être mises en scène:

«Les instantanés de son allégresse respirent le naturel, ce qui fait que même ses adversaires politiques se mettent à bien l'aimer pendant un moment

L'attitude de Merkel lors du match de quart de finale de la Coupe du monde 2010 entre l'Allemagne et l'Argentine est un bon exemple de son enthousiasme selon l'hebdomadaire:

«La Mannschaft a balayé les Gauchos 4-0, et Merkel a sauté de son siège. À côté d'elle, le président sud-africain Jacob Zuma est resté de marbre, comme s'il était en train de regarder un documentaire sur les plus belles lignes de chemin de fer du monde.»

Annabelle Georgen
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