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Espagne-Croatie: l'Italie craint le match arrangé

Grégoire Fleurot, mis à jour le 18.06.2012 à 9 h 38

Des supporteurs italiens à Poznan le 14 juin 2012, REUTERS/Sergio Perez

Des supporteurs italiens à Poznan le 14 juin 2012, REUTERS/Sergio Perez

«Biscotto»: l’Italie du foot n’a que ce mot à la bouche depuis le jeudi 14 juin et le match nul de la Squadra Azzurra contre la Croatie. L’expression désigne un match arrangé entre deux équipes, un scénario que craignent les supporters lors du match de la dernière journée de la poule C entre l’Espagne et la Croatie. Les deux équipes seraient en effet assurées de se qualifier pour les quarts de finale si elles se séparent sur un score de 2-2 ou un match nul avec plus de buts (3-3 par exemple).

Les Italiens sont d’autant plus inquiets qu’ils ont à l’esprit le souvenir de l’élimination à l’Euro 2004 dans un scénario similaire. A l’époque, l’attaquant Antoinio Cassano pensait avoir qualifié son pays en marquant dans les arrêts de jeu contre la Bulgarie lors du dernier match de poule, mais l’égalisation de la Suède face au Danemark au même moment dans l’autre match avait finalement qualifié les deux équipes nordiques. Déjà, une partie de la presse italienne avait mis la pression sur les deux équipes, qui savaient qu’un nul les qualifierait, avant le match.

Cette fois-ci, le journal Tuttosport a rebaptisé l’entraîneur espagnol Vicente del Bosque en «Vicente Del Biscotto». «Nous avons l'esprit sportif et contre la Croatie, nous chercherons évidemment la victoire, comme nous le faisons toujours» a pourtant assuré celui-ci.

Giovanni Trapattoni, le sélectionneur italien de l’Irlande qui affronte l’Italie lors du dernier match, et qui était l’entraîneur de l’Italie à l’Euro 2004, a quant à lui estimé qu’il y avait «trop d’yeux attentifs» rivés sur Espagne-Croatie pour que les deux équipes s’arrangent.

Buffon s'énerve contre les Italiens

Même son de cloche du côté de la sélection nationale: le sélectionneur Cesare Prandelli a indiqué qu’il ne souscrivait «pas à ce genre de pensées» et qu’il pensait «que tous les matchs se jouent à la régulière», tandis que le milieu Claudio Marchisio a également indiqué ne «pas croire» à un 2-2. Le gardien de but et idole nationale Gianluigi Buffon s’est même énervé sur sa page Facebook contre l’obsession de ses compatriotes avec le «biscotto», estimant que cela reflétait la mentalité négative des Italiens qui se cherchent en permanence des excuses.

Le défenseur de la Croatie Vedran Corluka s’est pour sa part gentiment moqué des Italiens, demandant «qui a un scandale de paris?», une allusion aux enquêtes sur les matchs truqués qui ont perturbé la préparation de l’équipe d’Italie.

Impossible de savoir si les craintes italiennes sont fondées, et même un match nul 2-2 ne suffira pas à prouver que les équipes se sont arrangées sur le score. Mais un indicateur a de quoi rendre les Italiens pessimistes: les cotes des parieurs sont particulièrement faibles pour un match nul 2-2. En d'autres termes, les bookmakers estiment que les probabilités pour que le match se terminent sur ce résultat sont fortes, plus fortes qu'une victoire de l'Espagne, qui est pourtant largement supérieure sur le papier, 1-0 ou 2-0 par exemple.

G.F.

Grégoire Fleurot
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Journaliste
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