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Nasri, Dugarry, Anelka... Le Top 10 des célébrations de but provocantes

Aurélien Le Nadan, mis à jour le 17.06.2012 à 9 h 03

La célébration de Samir Nasri après son but contre l'Angleterre est une des images marquantes de cette première phase. Pourtant, il pourrait presque passer pour un enfant de coeur à côté de certains autres buteurs vengeurs.

Samir Nasri, le 11 juin 2012. REUTERS/Alessandro Bianchi.

Samir Nasri, le 11 juin 2012. REUTERS/Alessandro Bianchi.

L'aigle des Açores de Pauleta, le robot de Peter Crouch, le coup de pagaie de Marama Vahirua… Chaque footballeur manifeste la joie d’avoir marqué un but à sa façon. Caméras vissées sur lui, c’est le moment où il peut faire le show, transmettre sa jubilation aux spectateurs et téléspectateurs. C’est aussi le moment idéal pour faire passer un message car le but marqué est la réponse la plus éloquente que peut faire le joueur, parfois peu à l’aise devant les micros, aux diverses critiques qu’il a pu essuyer par le passé. Rétrospective non exhaustive des célébrations revendicatives et provocantes.

Samir Nasri: «Ferme ta gueule!»

Critiqué par les journalistes sur ses récentes performances,  Samir Nasri a célébré son but égalisateur face à l’Angleterre l’index sur la bouche et un «ferme ta gueule» remarquablement articulé à l’attention de la presse, et plus particulièrement de L’Equipe.  Le joueur avouera par la suite avoir été maladroit mais ne pas regretter son geste. Finalement, c’est surtout cette attitude plus que le match en soi qui restera dans les mémoires.

Christophe Dugarry tire la langue

Christophe Dugarry, en 1998, avait lui aussi interpellé les journalistes après son but, le premier des Français lors de la Coupe du monde. Tout en courant vers la tribune de presse, «Duga» avait tiré la langue en réponse aux critiques dont il avait fait l’objet. Une attitude un peu moins violente que celle de Nasri, mais que son auteur regrette tout de même. Le champion du monde estime d’ailleurs que le meneur de Manchester City n’a «pas vécu, c’est mon impression, 10% de ce que j’ai vécu».

Nicolas Anelka le prisonnier

Nicolas Anelka, qui a été critiqué par à peu près tout le monde sur notre bonne vieille Terre, s’était fait remarquer lors du match Chelsea-Zilina, le 15  septembre 2010, en célébrant son but d’une étrange façon. Droit comme un «i», les bras en avant et les poings comme liés. Un geste guantanamesque qui, selon le joueur, symbolise l’acharnement de la FFF contre lui, après le fiasco de la Coupe du monde 2010:

«C'était un truc pour la Fédération française, à propos de ce qui s'est passé à la Coupe du monde. C'était juste une blague, je ne suis pas en colère.»

Fort heureusement, Florent Malouda viendra le délivrer en mimant une fausse clé.

Mario Balotelli, «Why always me?»

Mario Balotteli, joueur italien évoluant à Manchester City, n’a que 21 ans mais déjà un sens aigu de la communication et de la provocation. A la veille du match opposant les Citizens à leur grand rival Manchester United, Mario tire des feux d’artifice de sa salle de bains avec quelques copains.

Résultat: incendie, pompiers, Balotelli qui veut retourner dans son appartement en feu pour récupérer de l’argent liquide, etc. Du Mario Balotelli dans tout son art. Pourtant, le lendemain, il est titulaire dès le coup d’envoi. Bon coaching.

L’attaquant italien marque le premier but de son équipe. Pas de joie sur son visage, bien au contraire, Super Mario soulève son aillot et fait apparaître un autre t-shirt sur lequel est écrit: «Why always me?»

Quelles étaient les intentions du joueur? Critiquer les médias trop souvent sur son dos? Interpeller la destinée pour qu’elle le lâche un peu? Ou juste une énième provocation ? L’intéressé a laissé planer le mystère.

Emmanuel Adebayor, la revanche ultime

La provocation, Emmanuel Adebayor, attaquant togolais aujourd’hui prêté par Manchester City à Tottenham, l’a portée au sommet le 12 septembre 2009 lors de la rencontre entre les Citizens et les Gunners d’Arsenal. Le joueur, tout juste transféré de Londres à Manchester, se fait insulter par ses anciens supporters durant toute la rencontre.

Lorsqu’il marque le but scellant la victoire de son équipe, Adebayor pique un sprint de 80 mètres et célèbre son but devant la tribune des fans d’Arsenal. L’effet est réussi. Les projectiles pleuvent sur le joueur, les supporters londoniens hurlent. Trois ans plus tard, Adebayor est toujours sifflé par l’Emirates Stadium.

Robbie Fowler et la ligne blanche

Provocation envers les supporters adverses, autre version. Avril 1999, pendant la semaine précédant le derby entre Liverpool et Everton, les tabloïds anglais accusent Robbie Fowler de se droguer à la cocaïne. Pour l’international anglais jouant alors pour Liverpool, cette rumeur ne peut être lancée que par les supporters adverses, ceux d’Everton.

Aussi, après avoir marqué sur pénalty, l’attaquant des «Reds» se précipite vers la ligne blanche tracée sur le gazon et fait mine de la sniffer, tel un cocaïnomane. La fédération anglaise n’a pas apprécié: 60.000 livres d’amende infligées à Fowler et six matchs de suspension, tandis que la police a mené une enquête après une plainte d’un spectateur. Dans le milieu, on appelle cela mettre le feu aux poudres.

Paul Gascoigne, la «Gazza dentist's chair»

Humour anglais, toujours. Lors de l’Euro 1996, Paul Gascoigne, milieu offensif de l'équipe nationale, célèbre son but d’une bien curieuse façon. Allongé à côté du but, tête relevée, deux de ses coéquipiers lui versent de l’eau dans la bouche.

Cette scène originale fait écho aux images publiées par les tabloïds (encore eux) quelques jours plus tôt où l’on voyait Gascoigne et l’un de ses coéquipiers (Teddy Sheringham) dans une boîte de nuit, assis dans un fauteuil de dentiste en train de se faire verser des verres entiers de tequila dans la bouche.

Ruud van Nistelrooy le rancunier

Pays-Bas vs Andorre. Van Nistelrooy, l’un des meilleurs attaquants néerlandais de ces vingt dernières années, rate le pénalty du 4-0. Aussitôt, un défenseur andorran se pointe devant le grand Ruud et le chambre ouvertement.

Mal joué, l’attaquant finit par en planter un quelques minutes plus tard. Van Nistelrooy n’a pas oublié. Il cherche des yeux ce fameux défenseur, court vers lui et lève les bras de la victoire à quelques centimètres du joueur. Si ce dernier reste sans réaction, l’arbitre dégaine aussitôt le carton jaune. Fallait pas chambrer.

Carlos Tevez travaille son swing

Le club de Manchester City collectionne les forts caractères. Après Balotelli et Adebayor, c’est Carlos Tevez, le goleador argentin qui se fait remarquer lors du match entre son club et Norwich City, le 14 avril dernier. Six mois plus tôt, «le taureau» avait fait la une des tabloïds en rentrant en Argentine sans l’accord de son club. Amendes, tribunaux, Manchester City et Tevez étaient clairement en désaccord. Pour garder la forme, l’Argentin s’est alors beaucoup entraîné… au golf.

C’est donc tout naturellement qu’il célébra son but, pour son retour sur les terrains, par un geste de golfeur en mimant un swing. Même dans la provocation, ne jamais perdre le sens de l’humour, jamais.

Pascal Nouma, personal branling

La plupart du temps, une célébration de but trop explicite équivaut à un carton jaune au mieux, une bonne baston au pire. Mais Pascal Nouma, ancien joueur de Lens et de Marseille, est allé bien au-delà.

Lors d’un match du championnat turc, l’attaquant du Besiktas marque et célèbre son but en mimant une masturbation. Le club, où le joueur était pourtant vénéré par le public, n’a pas apprécié et décida de licencier purement et simplement. Depuis, on peut admirer ses frasques dans diverses émissions de télé-réalité turque.

Bonus règlement de la Fifa pour les joueurs de football professionnels qui nous lisent et veulent célébrer leur but sans écoper d’un carton jaune:

«Les joueurs sont autorisés à exprimer leur joie lorsqu’un but est marqué, mais sans effusion excessive. La Fifa reconnaît que les manifestations de joie raisonnables sont autorisées. Toutefois, les célébrations “orchestrées” ne doivent pas être encouragées si elles entraînent une perte de temps excessive. Dans ce cas, les arbitres doivent intervenir. Un joueur est passible d’un avertissement […] si, de l’avis de l’arbitre, il fait des gestes provocateurs, moqueurs ou incendiaires.»

Aurélien Le  Nadan

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