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Ukraine-France: Benzema doit imiter Chevtchenko

Grégoire Fleurot, mis à jour le 15.06.2012 à 14 h 33

Laurent Blanc veut que son équipe rentre tout de suite dans son match et que ses grands joueurs se révèlent. Benzema sait ce qu'il lui reste à faire.

Karim Benzema à l'entraînement à Kircha, le 12 juin 2012. REUTERS/Charles Platiau

Karim Benzema à l'entraînement à Kircha, le 12 juin 2012. REUTERS/Charles Platiau

«J’espère qu’on n’aura pas les 30 premières minutes qu’on a fait contre l’Angleterre […], qu’ils seront réveillés à partir de la première seconde.» Les Bleus ont mis du temps à rentrer dans le match lundi dernier face à l’Angleterre, un constat que Laurent Blanc n’a pas cherché à éluder, au contraire, à la veille d’un Ukraine-France déjà décisif.

Cette entame timide n’était pourtant pas vraiment une surprise. Avant le match face aux Anglais, les Bleus n’avaient pas marqué le moindre but lors du temps réglementaire d'un premier match depuis l’Euro 2000. Soit 450 minutes de disette seulement interrompues par les deux buts inscrits sur coup de pied arrêté, dans les arrêts de jeu, par Zidane contre l'Angleterre en 2004. Hormis cela, trois 0-0 (Suisse 2006, Roumanie 2008, Uruguay 2010) et une défaite 1-0 contre le Sénégal en 2002.

Dans certains cas, une partie de l'explication est à chercher dans un choix délibéré du staff: en 2006, l’objectif était de monter en puissance au fil de la compétition pour atteindre une forme physique optimale à partir des matchs à élimination directe.

Au vu des premiers matchs de l'Euro 2012, on peut avoir l’impression que plusieurs grandes équipes ont fait ce choix de préparation cette année encore. Mais cette stratégie peut s’avérer dangereuse: n’oublions pas que la France n’a pas passé la première phase en 2002, 2008 et 2010, tandis que les Ukrainiens ont semblé en pleine forme physique face à la Suède, le vétéran Andriy Chevtchenko en tête.

La chaleur de Donetsk

Un autre facteur a pu jouer sur ces débuts poussifs selon Laurent Blanc, et sera encore présent ce soir face à l’Ukraine: la chaleur de Donetsk. Dans la Donbass Arena du Shakhtar, la température était de 30 degrés à l’ombre lors du premier match, rendant le seul fait de se lever pour célébrer le but des Bleus éprouvant pour les quelques centaines de Français qui avaient fait le déplacement. La chaleur sera la même à 18 heures ce vendredi.

Reste à espérer pour la France que les précautions prises par son staff médical pour aider les joueurs à s’adapter à la température porteront leurs fruits. Car si en cas de victoire, les Bleus feraient un grand pas vers la qualification, un match nul —scénario de trois des six matches disputés contre l'Ukraine— signifierait un dernier match sous haute tension avec victoire obligatoire face à la Suède. Une défaite compromettrait fortement les chances de qualification, surtout en cas de victoire de l’Angleterre face à la Suède.

«Que chacun dépasse sa fonction»

Mais ce match risque aussi et surtout de se jouer sur un paramètre bien identifié par le sélectionneur Français, qui n’a pas hésité à en faire la clé de tout en conférence de presse:

«On va dire aux joueurs: "Prenez l'exemple de l'Allemagne", mais après, il faut le faire. La différence entre un bon et grand joueur, elle est là. Quand je leur demande de se lâcher, ce n'est pas faire n'importe quoi. C'est que chacun dans son domaine dépasse sa fonction. […] Si on a des grands joueurs, il faut qu'ils le démontrent vendredi.»

Laurent Blanc a pris l’exemple du gardien de but, mais difficile de ne pas voir dans cette intervention un message à Karim Benzema, que beaucoup considèrent comme l'un des seuls «grands joueurs» de cette équipe, avec Hugo Lloris et Franck Ribéry.

L’attaquant sort d’une saison de haut niveau avec le Real Madrid et d’éliminatoires de l’Euro où il a été le meilleur buteur et meilleur passeur des Bleus. Le moment est venu de confirmer et de montrer qu’il est bien devenu un grand joueur au cours de cette belle saison. Andriy Chevtchenko n’a inscrit que six buts en 16 matchs de championnat cette année, mais le Ballon d’or 2004 a déjà rapporté trois points à son équipe en deux coups de tête bien sentis dans cet Euro.

Grégoire Fleurot

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Journaliste
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