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Euro 2012: la France passera-t-elle le premier tour?

Olivier Monod, mis à jour le 10.06.2012 à 9 h 26

Officiellement, c'est l'objectif de Laurent Blanc. Malgré son statut de grande nation du foot, la France n'a pas réussi à passer ce cap lors des deux dernières compétitions internationales.

L'équipe de France avant son match amical face à l'Estonie le 5 juin 2012 au Mans, REUTERS/Stephane Mahe

L'équipe de France avant son match amical face à l'Estonie le 5 juin 2012 au Mans, REUTERS/Stephane Mahe

Passer le premier tour, voilà l’objectif fixé aux Bleus de Blanc. Passer le premier tour pour que Lolo voit son contrat reconduit. Passer le premier tour pour renouer avec la victoire dans les grandes compétitions après les fiascos de 2008 et 2010. Passer le premier tour pour rêver à une victoire finale. Enfin passer le premier tour pour renouer avec ses supporters dans la victoire. Passer le premier tour? L’objectif peut sembler modeste ou insurmontable, c’est selon. L’équipe de France peut-elle se retrouver en quart de finale?

Oui La génération 87 arrive enfin à maturité

Les trois matchs de préparation l’ont démontré, le potentiel offensif de l’équipe de France est important. Huit buts en trois matchs, on n’avait pas vu cela depuis un bail. Dans des styles très différents, les joueurs de la fameuse «génération 87», championne d’Europe des U17 en 2004, se sont enfin hissés au plus haut niveau.

Benzema est un attaquant complet, tueur dans la surface et utile dans le jeu. Ménèz et Ben Arfa sont des solistes capables d’effacer plusieurs défenseurs à eux seuls mais qui ont largement progressé dans la passe et l’intégration de leurs raids dans le mouvement général de l’équipe.

Enfin Nasri est un animateur du jeu capable de mettre le pied sur le ballon et de régaler ses potes d’ouvertures bien senties. Ajoutez à cela le retour en forme de Ribéry et l’éclosion de Giroud dans le rôle de pivot, vous obtenez une attaque complémentaire de haut niveau.

Non La défense reste très incertaine

C’est simple, l’équipe de France ne sait pas défendre. Même Blanc le dit. Sur un match, il fustige le manque de replacement défensif de ses divas offensives. Sur l’autre, il allume les prises de risques inutiles de ses défenseurs.

Et pour cause. Avec deux latéraux plus ailiers qu’arrières, l’équipe de France offre des boulevards sur ses ailes à ses adversaires. Sa paire axiale Mexès-Rami est une douce blague au niveau international. Enfin cette défense, friable, n’est absolument pas aidée par le reste de l’équipe.

Bref, en cas de duel perdu par Rami, de mauvaise relance de Mexès ou de montée intempestive d’Evra, il ne faudra pas compter sur un retour du diable vauvert de Diarra, Malouda ou Nasri pour sauver la patrie.

Oui Les joueurs jouent à leurs meilleurs postes

Après deux ans de tâtonnement et de foi en certains joueurs comme Ribéry, Blanc est enfin récompensé. Il a abandonné l’idée de jouer avec un numéro 10 et l’équipe de France ne s’en porte que mieux. Benzema occupe l’axe soutenu par deux ailiers.

Ribéry joue sur l’aile gauche, son poste de prédilection. Nasri est à droite, et non dans l’axe, actant enfin le fait que Samir n’est pas un meneur de jeu. Ce rôle est laissé à Cabaye, comme à Lille et à un Malouda retrouvé dans le rôle de piston au milieu, un poste que Domenech lui avait déjà fait occuper en 2006.

Non L’équipe n’a pas assez de grands joueurs

Des joueurs à leurs meilleurs postes, mais quels joueurs? Hormis Nasri, Benzema, Ribéry et Evra, quels sont les joueurs titulaires dans des grands clubs dans cette équipe? Mexès fait banquette au Milan, tout comme Malouda à Chelsea. Rami joue à Valence et Cabaye à Newcastle, des seconds couteaux dans leur championnat respectif. Diarra est un mec dont l’apogée de la carrière s’est située à Bordeaux et M’Vila est encore à Rennes... En 1998 même les remplaçants comme Karembeu, Leboeuf ou Candela avaient plus d’expérience et de temps de jeu au haut niveau.

Oui L’équipe est un savant mélange d’expérience et de fougue

C’était l’un des credos de Laurent Blanc au moment de faire sa liste. Le Président a tout fait pour assurer un équilibre entre anciens expérimentés et néophytes plein de fraîcheurs. Reveillère, Evra, Mexès, Diarra, Malouda sont de véritables cadres dans ce groupe.

La trentaine, des dizaines de matchs de Ligue des champions derrière eux, ils doivent savoir encadrer le groupe dans les moments les plus difficiles. Ribéry, Nasri, Benzema, Menez, Lloris, Rami sont des joueurs au summum de leur art. Ils connaissent suffisamment le haut niveau pour ne pas être impressionnés mais n’ont pas encore le recul nécessaire pour transmettre leur expérience. Enfin Debuchy, Valbuena, M’Vila, Giroud, Ben Arfa doivent apporter leur envie dans cette équipe. L’équilibre des générations est respecté.

Non Le mental des joueurs est friable et va s’effondrer face à la première difficulté

Les principaux joueurs de l’équipe de France ont le mental d’une petite fille perdue dans les bois. S’ils s’éloignent du chemin, ils sont capables de perdre leurs moyens. Ribéry a encore trop souvent le syndrome du sauveur qui le pousse à vouloir tout faire tout seul.

Malouda et Nasri ont la capacité unique de disparaître au beau milieu des matchs. Evra n’a toujours pas digéré Knysna. Lloris n’a pas de personnalité. Mexès a un lourd passif de mec talentueux capable de péter un cable. Le moindre grain de sable, la plus petite contre-performance, la plus infime polémique peut faire exploser ces fragiles psychés.

Oui Blanc à la culture de la gagne

Laurent Blanc, comme la plupart des gars de France 98, c’est la culture de la gagne avant tout. Champion du monde, d’Europe, de France et d’Angleterre en tant que joueur, il est aussi champion de France en tant qu’entraineur avec Bordeaux. Un peu comme Deschamps, il biberonne ses joueurs à la victoire. Gagner, gagner gagner. Croire que c’est possible et tout faire pour que cela arrive. C’est aussi cela être un bon athlète.

Non Boghossian est toujours dans le staff

Les grands hommes savent s’entourer. En reconduisant Alain Boghossian à ses côtés, Laurent Blanc a peut-être fait une erreur. Présent depuis 2008 aux côtés de Domenech, Bogho’ pue la lose, même s’il porte une montre en diamant.

Oui Le groupe est faible

Tous les observateurs l’ont dit, l’Angleterre est le seul danger de ce groupe. La Suède et l’Ukraine ne font pas peur à grand monde. Le palmarès des nordiques est éloquent; ils sont inoffensifs. D’autant plus qu’ils ont du mal à gérer leur star, Zlatan. L’Ukraine est une équipe en manque de repère au niveau international et qui a perdu son dernier match amical contre... l’Autriche.

Reste le cas de l’Angleterre. La perfide Albion a vécu des mois difficiles. Rooney est suspendu pour les premiers matchs. Barry, Cahill, Wilshere et Lampard ont déclaré forfait pour l’ensemble de la compétition. Cerise sur le gâteau, l’affaire Terry a eu raison du coach italien Capello et empêche son remplaçant Hogdson de prendre Ferdinand, en froid avec l’ex capitaine des Three Lions. Avec tout ça, il y a peu de chances que les British arrivent à monter une équipe qui tienne debout.

Non Le groupe est piégeux

N’oublions pas que la France ne s’est pas sortie de groupes réputés faciles en 2002, 2008 et 2010. Être dans le même groupe que le pays organisateur n’est jamais une bonne chose, surtout quand c’est un des pays les plus corrompus au monde. La magie de la compétition veut toujours que les hôtes passent le premier tour.

De même, si les Suédois n’ont jamais été exceptionnels lors des compétition internationales récentes, une génération de joueurs joue sa dernière compétition ou presque. Källstrom, Ibrahimovic, Isaksson vont donner leur maximum afin d’emmener leur pays le plus haut possible. On attend avec impatience le duel Ibra/Rami.

Reste l’Angleterre. Nos meilleurs ennemis, ceux qu’on aime battre. Une rivalité qui pourrait bien jouer contre nous. Face à l’adversité et leur adversaire héréditaire, les Anglais pourraient bien tirer les premiers lors du premier match et se mettre sur de bons rails. L’Albion s’est trouvée un gardien et garde quelques bons joueurs comme Ashley Cole, Gerrard, Welbeck ou Milner. Attention notamment au meneur de jeu des Reds qui, à 32 ans, veut certainement enfin réussir en sélection. On parle là d’un mec capable de pousser son équipe à remonter un déficit de 3 buts à la mi-temps en finale de Ligue des Champions!

Olivier Monod

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