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France-Angleterre: mauvaise nouvelle, les Bleus sont favoris

Clément Noël, mis à jour le 11.06.2012 à 16 h 11

Les statistiques, la forme du moment et l'état de l'effectif plaident pour l'équipe de France dans le choc du groupe D. Mais comme à Azincourt, c'est quand ils sont trop confiants que les Français subissent leurs plus cuisantes défaites face aux Anglais.

Karim Benzema célèbre son but lors de France-Estonie en match de préparation à l'Euro 2012 au Mans le 5 juin 2012, REUTERS/Stephane Mahe

Karim Benzema célèbre son but lors de France-Estonie en match de préparation à l'Euro 2012 au Mans le 5 juin 2012, REUTERS/Stephane Mahe

Il y a un petit côté Azincourt dans l’air. Sur le papier, la France ne peut pas perdre. Lors de ses matchs de préparation, elle a indéniablement pris de la confiance, même si les équipes en face étaient en vacances dans leurs têtes. Contre l’Islande, elle a su réagir, contre la Serbie, elle a fait une très belle première mi-temps et contre l’Estonie, le niveau de leur équipe étant inversement proportionnelle à la beauté des filles de Tallin, il est difficile de juger quelque chose. Ah si: les buts étaient bien jolis, notamment celui de Benzema.

Bref, le maître mot est confiance retrouvée. Et même si on ne peut pas dire que la France a un collectif rodé - c’est l’équipe la plus inexpérimentée de l’Euro avec 21 sélections de moyenne (à égalité avec la Pologne ) - elle semble avoir enfin au moins un bon état d’esprit, débarrassée en apparence des querelles et des comportements stupides. La banderole déployée par les joueurs à la fin du match contre l’Estonie, «avec vous, pour vous», sentait mauvais la communication hypocrite comme un sac de sport qu’on oublie de vider pendant une semaine après un match. Mais bon, en l’absence de vêtement de rechange, on est prêt à l’accepter.

En face, ce n’est pas la même histoire. En début d’année, l’Angleterre a perdu Capello. Le nouveau sélectionneur, Roy Hodgson, a été nommé le 1er mai après des mois de spéculations. Après, comme dit Domenech, ce sont les joueurs sur le terrain qui gagnent les matchs, pas l’entraîneur. Sauf que là, ça ne fait pas rêver non plus.

Les anglais en mauvaise posture

Contre la France, la bonne albionne est privée de son meilleur joueur, Wayne Rooney, un mec qui aime bien en plus les phases finales de l’Euro, puisqu’il a déjà marqué 4 buts en seulement 6 tirs (ne me remerciez pas pour la stat stupide) et a été le meilleur joueur de son équipe lors des qualifs (trois buts, trois passes decisives).

Du coup, il va falloir jouer avec Carroll et Defoe, qui ne jouent pas dans la même cour que Shrek. Sans parler des luttes internes: après le forfait de Lampard, l’équipe a perdu Gary Cahill et le sélectionneur n’a pourtant pas décidé d’appeler en renfort Rio Ferdinand, qui s’estime pourtant rétabli. Ce dernier est en conflit ouvert avec John Terry depuis que ce dernier aurait proféré des insultes racistes contre son frère, Anton... Terry, le même qui avait en 2010 couché avec la femme de son coéquipier en défense, Wayne Bridge, instaurant déjà une bonne ambiance dans l’équipe.

Au niveau de l’expérience non plus, ce n’est pas ça. Seuls quatre joueurs de l’effectif ont joué l’Euro 2004 (l'Angleterre n’était pas qualifiée en 2008) et, s’ils ont l’habitude des joutes continentales grâce à la Ligue des champions, tous les joueurs évoluent dans le championnat d’Angleterre (elle est la seule équipe dans ce cas).

Un Mcmanaman ou un Beckham ne feraient pas de mal à cet effectif: sortir de chez soi évite la consanguinité et de se croire les plus forts. Et si aucun joueur anglais ne joue à l’étranger, c’est peut-être parce qu’ils sont très bien payés chez eux, mais aussi surtout parce qu’ils ne sont pas assez bons pour attirer les grosses écuries européennes. De manière générale, il n’y a que les footix de Hong Kong et Fifa 2012 (qui lui met des stats indécentes) pour penser que l’Angleterre est une grande équipe.

Azincourt

Même dans les confrontations entre les deux équipes, l’avantage psychologique est à la France. Les Bleus les ont battus à Wembley en 2010 et restent sur 5 matches sans défaite, la dernière remontant à 1997. A l’Euro 2004, ils avaient arraché la victoire grâce à un doublé de Zidane, un coup franc et un penalty obtenu par Henry.

Sauf que cela n’avait pas empêché la France de se faire sortir par les Grecs. Une victoire ne voudrait donc rien dire, pire elle pourrait même mettre les Bleus dans un état de confiance superfétatoire alors qu’après il faudra affronter l’adversaire qui semble le plus dangereux, la Suède.

A Azincourt, le 25 octobre 1415, les Français étaient 30.000, mieux armés, plus puissants, plus confiants; les Anglais n’étaient que 6.000 et venaient de débarquer à l’arrache. On connaît la suite: une défaite historique qui est entrée dans l’imaginaire collectif national. Dans la chaleur de Donetsk, les Bleus ne sont pas à l’abri. Imaginez, début du match, les Français sont tranquilles, ils gèrent.

Et puis Mexès rate un dégagement qu’il envoie sur Gerrard. Le milieu de Liverpool centre dans la surface, Rami oublie de sauter, but de Carroll. Et puis, pendant 70 minutes, notre attaque bute encore et encore contre la défense anglaise, comme les vagues de la Manche contre les falaises blanches de Douvres, chaque joueur étant individuellement persuadé de pouvoir être le sauveur. Imaginez, et ayez un peu peur. Contre l’Angleterre, l’histoire montre que la confiance est le pire des ennemis.

Clément Noël

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