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Euro 2012: l'important c'est de participer

Slate.fr, mis à jour le 08.06.2012 à 10 h 10

On dit souvent qu'il n'y a pas de match facile à l'Euro. Pour les adversaires de la Suède, de l'Irlande, du Danemark et la Grèce, ce n'est pas tout à fait vrai.

L'équipe d'Irlande à l'entraînement le 5 juin 2012, REUTERS/Agencja Gazeta

L'équipe d'Irlande à l'entraînement le 5 juin 2012, REUTERS/Agencja Gazeta

Alors que la compétition commence enfin, Slate vous donne un coup de main pour vos derniers ajustements de paris en ligne et passe en revue des forces en présence de cet Euro 2012 en cinq groupes d’équipes plutôt homogènes:


L'important, c'est de participer

Suède: Ibra est bien seul

Côté suédois, c’est assez simple: avec la France, l’Angleterre et l’Ukraine dans le groupe, on se dit que ça va être compliqué. Dur oui, mais pas impossible. Tous les grands blonds se rappellent qu’en 1992 ils avaient affronté dans leur poule une équipe de France qui ressemblait beaucoup à l’actuelle, c’est-à-dire bien en place, dure à battre, mais sans génie et surtout en période de transition entre deux générations phénoménales, et une équipe d’Angleterre dont on ne savait déjà pas trop quoi penser.

Et les fils d’Odin avaient fait passer tout ce beau monde à la trappe. Depuis, la Suède n’a pas évolué au niveau de la hiérarchie internationale. C’est l'équipe qu’on retrouve à toutes les competitions parce qu’elle assure les qualif’, mais sur laquelle on ne mettra jamais une pièce pour atteindre le dernier carré.

L’épine dorsale est formée autour de joueurs très expérimentés et qui ont l’habitude de se cotoyer: Mellberg, Isaksson, Svensson, Wihelmsson, Kallstrom, Elmander... Un ensemble moyen dans lequel se cache une vraie star, Zlatan, le seul Suédois capable de faire basculer un match à lui tout seul. Mais manque à l’équipe de la profondeur de banc et des joueurs d’instinct capables de combiner avec Ibra.

Le prono: Jouer son premier match contre le pays organisateur a tout d’un traquenard: les Suédois vont se faire flouer par l’arbitre, ou ingurgiter des trucs pas nets la veille, résultant dans une somnolence générale, qui conduira Ibra à manquer ses quatorze frappes. Après un petit nul 0-0 contre l’Angleterre dans un match plein de coups de coudes, les Suédois perdront gentillement contre la France, nouveau phare de la sociale-démocratie européenne. Puis ils diront merci et rentreront poliment chez eux.

Danemark: trop d'Evianais pour être pris au sérieux

A chaque Euro, on nous ressort la belle histoire de la danish dynamite, de Brian Laudrup et de Peter Schmeichel. Laissez tomber, c’était il y a vingt ans. Depuis, le Danemark vivote, un coup qualifié, un coup absent des grandes compétitions, et joue la plupart du temps les faire-valoir des grandes nations, même s’il a devancé le Portugal en qualif’.

L’épine dorsale se compose de joueurs aguerris, présents depuis des lustres: Sorensen, Agger, Poulsen, Rommedahl, auxquels viennent se greffer une nuée de joueurs moyens des championnats danois, hollandais, belge, et d’Evian-Thonon-Gaillard, club le plus représenté avec quatre sélectionnés (si, si). Insuffisant pour sortir d’une poule avec l’Allemagne, les Pays-Bas et le Portugal, surtout quand on a Bendtner en avant-centre.

Le prono: Les Danois ont malheureusement tout de la victime expiatoire dans la poule de la mort. Un point arraché contre les Portugais, qu’ils ont devancé lors des éliminatoires, pourrait peser lourd.

Grèce: 2004 c'est loin

Le Kaïser Otto n’est plus, et la Grèce ne s’en porte pas plus mal. Débarassée depuis deux ans du joug de l’hyper-austère allemand Rehhagel qui lui avait permis de s’introduire par effraction parmi les grands du continent à l’été 2004, la sélection grecque revît sous les ordres du Portugais Fernando Santos. Après une Coupe du monde qui a définitivement clos l’ère tactique du 8-1-1, Santos a pu insuffler une philosophie de jeu davantage tournée vers l’avant, et lancer de jeunes joueurs prometteurs, comme le central Papadopoulos (20 ans, Shalke), encadrés par les derniers dinosaures, Karagounis et Katsouranis, qui ont disposé de la Croatie en qualif’.

Vue la situation de leur pays et le patriotisme élevé des Grecs, on peut se dire que les joueurs ne lâcheront rien et mouilleront le maillot. Reste le manque de qualité flagrant, malgré le maintien d’un «bloc-équipe» (oui, je veux être invité au CFC) soudé et solide.

Le prono: Versée dans le groupe A, le plus homogéniquement faible, avec les Tchèques, les Russes et les Polonais, la Grèce a une chance d’arracher son billet pour le deuxième tour.

Irlande: la génération losers touche à sa fin

Arrivés derrière les Russes dans leur poule qualificative, les rouquins ont eu la chance de tirer le Monténegro en barrages, sans quoi ils auraient encore passé leur mois de juin à se lamenter en buvant des pintes. Pour leur premier Euro depuis 1988, ils s’en remettront aux incantations celtiques, au savoir-faire de Giovanni Trapattoni, et à leurs vieux: Shay Given, Robbie Keane, John O’Shea, Richard Dunne, Damien Duff...

Autant de joueurs qu’on achetait à Football manager il y a dix ans, et qui, avec le sens de la tragédie qui caractérise leur peuple, n’ont jamais totalement confirmé les espoirs placés en eux et disputent sûrement leur ultime phase finale. Leur dernier tour de piste au niveau international sera dignement arrosé par quelques rounds supplémentaires dans les pubs des trois provinces de l’Eire.

Le prono: L’Espagne, l’Italie, et la Croatie dans le groupe... A l’évidence, la fin de cycle s’annonce douloureuse, et une victoire contre la famille Dalmates serait déjà belle. Sinon, difficile de trouver de la stout dans les bars de Gdansk et Poznan.

Ludovic Job

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