Élections au Bundestag: le faux parti Die Partei autorisé à mener campagne

Martin Sonneborn, chef du Die Partei / TobiasK via Wikimedia Commons

C'est une vaste blague mais qui semble pourtant prise très au sérieux en Allemagne.

Preuve en est l'adoubement du faux parti politique allemand Die Partei («le parti»), autorisé officiellement, aux côtés de 37 autres formations politiques, à mener campagne pour les élections fédérales de septembre prochain, comme l'annonce le quotidien Die Welt, qui publie une longue vraie-fausse interview de son président, Martin Sonneborn, ex-rédacteur en chef du magazine satirique allemand Titanic, dont le style rappelle les grandes années de Hara-Kiri.

Créé en 2004 par la rédaction de Titanic, Die Partei, qui se veut l'abréviation de «Die Partei für Arbeit, Rechtsstaat, Tierschutz, Elitenförderung und basisdemokratische Initiative» (le parti pour le travail, la protection des animaux, le soutien des élites et l'initiative démocratique), se lance dans la bataille des élections au Bundestag pour la deuxième fois.

Et savoure sa revanche face au comité chargé de déterminer quelles formations politiques peuvent se présenter, qui l'avait exclu lors des dernières élections, en 2009, au motif qu'il n'était pas assez sérieux.

Martin Sonneborn s'en défend dans une interview à Die Zeit, expliquant que le comité avait argué injustement que Die Partei ne disposait que d'une seule section, alors qu'en réalité le parti en disposait déjà de neuf à l'époque.

Le but avoué de Die Partei est avant tout de tourner les vrais partis en ridicule, comme il l'explique à Die Welt:

«Nous menons campagne avec des méthodes satiriques, en partie. C'est sûr. Mais notre prétention au pouvoir est aussi sérieuse que celle des autres partis, comme celle de la CDU, du SPD et des Verts... Je retire le SPD.»

Une allusion aux sondages d'intention de vote, qui prédisent au parti social-démocrate une défaite cinglante. D'après un sondage rapporté en juin dernier par Der Spiegel, il ne remporterait en effet que 22% des voix lors des élections du 22 septembre prochain.

Sur son site, Die Partei présente un programme politique en treize points, parmi lesquels l'instauration d'un quota de 17% de fainéants dans les comités de direction des grandes entreprises allemandes, la suppression de l'heure d'été, la limitation des salaires des managers à 25.000 fois le salaire d'un employé, la construction d'un mur autour de l'Allemagne, ce afin de se protéger de «la globalisation, d'une poursuite de l'européisation et des flux financiers incontrôlables» ou encore l'organisation d'un procès public où Angela Merkel devra répondre de ses actes, enfermée dans une cage...

Le parti satirique s'est fixé cette année l'objectif de récolter plus de 100% des voix, comme son candidat l'explique à Die Zeit:

«En 2009, j'avais dit : tout ce qui serait en-dessous de 50% serait une honte pour ce pays. Entre-temps il s'est passé beaucoup de chose. Maintenant je dis: 100% plus X – le X correspond aux mandats excédentaires.»

En 2011, Die Partei s'était présenté aux élections du Sénat de Berlin et avait remporté 0,9% des suffrages. Son programme prévoyait notamment la création d'un site de stockage des déchets nucléaires à Prenzlauer Berg, un quartier berlinois très bobo, ainsi que la reconstruction du Mur de Berlin!

Photo: Martin Sonneborn, chef du Die Partei / TobiasK via Wikimedia Commons
Devenez fan sur , suivez-nous sur
 
LU SUR...
TOPICS
PARTAGER
LISIBILITÉ > taille de la police
À la une de Slate »
LU,VU&ENTENDU
Publié le 13/07/2013
Mis à jour le 13/07/2013 à 9h59