Bac 2013 et prénoms: 20% des Adèle et des Diane ont eu une mention très bien, contre 2,5% des Sabrina

Bac philo 2012, au lycée Pasteur de Strasbourg. REUTERS/Vincent Kessler

Bac philo 2012, au lycée Pasteur de Strasbourg. REUTERS/Vincent Kessler

Le sociologue Baptiste Coulmont s'intéresse depuis des années aux prénoms –il a entre autres publié Sociologie des prénoms– et réalise depuis 2013 un travail sur les mentions très bien au baccalauréat et les prénoms des élèves qui l'obtiennent. 

Son étude annuelle ne révèle pas le prénom miracle qui donnera la mention très bien à votre enfant, mais «permet de dessiner un espace social qui, immédiatement, fait sens», explique-t-il sur son blog.

Au final, les prénoms de son schéma 2013 se répartissent entre ceux choisis par des parents de classes intellectuelles, de la bourgeoisie ou du salariat d'encadrement d'un côté, et ceux choisis par les parents des classes populaires de l'autre côté. 

Cliquez ici pour retrouver le schéma en grand format, sur le blog de Baptiste Coulmont

On apprend donc qu'en 2013, 20% des Diane et des Adèle ont obtenu une mention très bien, suivies par Juliette, Alice, Louise, Anne ou Alix (toutes autour de 17/18%). Vous avez bien vu, que des filles dans cette tête de peloton –Grégoire est le seul prénom masculin à passer la barre des 15%. Le sociologue explique que, d'une part, les filles réussissent mieux que les garçons à l'école, et reçoivent aussi plus souvent qu'eux cette mention. Il se demande d'autre part si les prénoms des garçons de classes supérieures seraient moins socialement clivants que les prénoms de filles.

A l'autre bout du nuage de prénoms, environ 3% des Kevin, Jordan, Dylan, Steven et Sonia, Cindy et Mohamed ont obtenu une mention très bien en 2013.

Si vous ne gardez que les prénoms qui apparaissent plus de 30 fois dans la base de données –constituée par plus de 338.000 candidats au bac général ou technologique, qui ont obtenu une moyenne supérieure à 8/20 et ont accepté la diffusion de leurs résultats, sachant que 8,6% de cette population a obtenu une mention TB– entre un quart et un tiers des Ulysse, Guillemette, Quitterie, Madeleine, Ella, Sybille ou Domitille ont obtenu un TB, contre 2% des Asma, Sephora, Hakim, Kimberley, Cynthia, Christian ou Brian par exemple.

Comme on l'écrivait au moment de l'étude de Coulmont après le bac 2012, on sait que les prénoms d'origine anglo-saxonne, diffusés par la culture des séries télé américaines, ont été très populaires parmi les milieux sociaux moins diplômés, ouvriers et employés. L'étude des associations entre prénoms et résultat est donc un moyen détourné de repérer la relation entre le niveau de diplôme des parents et la réussite scolaire des enfants...

Pour les prénoms d'origine maghrébine Youssef, Nabil, Mohamed, c'est là encore l'origine sociale des parents qui peut être lue dans la moindre réussite des enfants au bac, un pourcentage important d'enfants d'immigrés rencontrant des difficultés scolaires selon l'étude Pisa 2009 de l'OCDE, et deux-tiers de ces enfants ayant des parents ouvriers ou employés. «Plus de 58% [des enfants issus de l'immigration, NDLR] ont un père non diplômé et 62% une mère non diplômée, contre 12% et 14% des non immigrés», rappelle par ailleurs une étude du Haut conseil à l'intégration.

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