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On vient de découvrir la plus ancienne preuve d'utilisation de fleurs lors d'un rite funéraire

Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 02.07.2013 à 12 h 36

Sage plant flower / chris favero via Flickr CC Licence By

Sage plant flower / chris favero via Flickr CC Licence By

En analysant des empreintes autour de sépultures datant du Mesolithique en Israel, des chercheurs ont trouvé une preuve que les morts enterrés étaient posés sur un matelas de fleurs, écrit Science Now.

L’étude publiée dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences porte sur quatre chambres funéraires du site israélien de Raqefet, sur le Mont Carmel, et sur des squelettes datant de 11.700 à 13.700 ans selon une datation au carbone. Le site était déjà connu des archéologues, mais l'équipe de Dani Nadel (université d'Haifa) a entrepris des recherches plus poussées depuis 2004, écrit Live Science, excavant alors ces nouvelles sépultures.

Les morts étaient posés sur un lit de plantes, dont des espèces aromatiques (menthe, sauge, scrophulaire) aux couleurs vives lors de leur floraison, laissant penser qu’elles étaient choisies pour leurs qualités esthétiques. «Les empreintes des plantes ont été trouvées uniquement dans les sites funéraires et pas dans les autres zones de la grotte, écrit le magazine scientifique Discover, ce qui renforce la théorie selon laquelle les plantes étaient placées intentionnellement dans le cadre d’un rite funéraire.»

Les tombes étudiées appartenaient à la culture Natoufian, qui a vécu en méditerranée proche-orientale il y a de 10.000 à 15.000 ans. Selon des archéologues, elle serait la première société de chasseurs-cueilleurs ayant évolué vers la sédentarisation.

Leore Grosman, archéologue à l'université hébraïque de Jérusalem, affirme par ailleurs que cette découverte révèle les pratiques et la conception de la mort des Natoufians. Elle y voit «la possibilité que les enterrements fleuris étaient destinés à rendre les morts plus "confortables" et le signe d'un "souci de leur bien-être après la mort"», poursuit Science Now.

Dans les années 1950, la découverte du site préhistorique de Shanidar (vieux de 60.000 ans), situé dans le Kurdistan (Irak), et de quatre restes de Néandertaliens, avait donné lieu à un premier «record» d’ancienneté des rituels funéraires.

L’un des corps, Shanidar IV, avait été retrouvé en position fléchie sur le côté, et les chercheurs avaient relevé du pollen autour de lui, dans des quantités telles qu’ils en avaient conclu à la présence de fleurs à l’époque de l’enterrement. Cette découverte était d’une importance capitale puisqu’elle impliquait que l’homme de Néandertal avait un esprit «moderne» proche du nôtre, enterrant et prenant soin de ses morts.

Mais aujourd’hui, peu d’archéologues acceptent cette version: pour eux, la présence de rongeurs ayant creusé des terriers sur le site pourrait expliquer les traces de pollen retrouvées. Les restes d’un rongeur avaient d’ailleurs été découverts sur le même site.

Jean-Laurent Cassely
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Journaliste
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