Monde

Ikea lance la maison en kit pour réfugiés

Marion Degeorges, mis à jour le 27.06.2013 à 13 h 38

Rwandan refugee camp in east Zair par CDC via Wikimedia Commons

Rwandan refugee camp in east Zair par CDC via Wikimedia Commons

Ikea avait sérieusement besoin d’un booster d’image positive. Après les tartes au caca, la boulette de la viande de cheval, la disparition des femmes dans le catalogue de l’Arabie saoudite, des suspicions d’espionnage en France, son amnésie du droit du travail, ou le passé nazi du fondateur Ingvar Kamprad...

Il était temps pour la marque suédoise de lancer son opération re-séduction. Le 26 juin, le fondateur de 87 ans et à la fortune de 40 milliards d’euros a justement annoncé qu’il rentrait à la maison pour finir ses vieux jours. Il avait quitté son pays en 1974, puis avait atterri en Suisse peu après, pour profiter de ses conditions fiscales avantageuses.

Quoi de mieux pour se racheter une conduite de faire ce qu’on fait le mieux? Pour ça, Ikea a mis son savoir-faire en produit en kit au service de l’Agence des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR). Le résultat: des petites maisons faciles à monter (4 heures, quand même) et à démonter... Pour remplacer les tentes des camps de réfugiés. Le site Fast CoExist nous en montre plusieurs clichés.

En fait, ce partenariat n’est pas une première. Depuis plusieurs années, la fondation Ikea aide à financer les camps de réfugiés de l’UNHCR.

Un réfugié vit en moyenne 12 ans dans un camp

Jusqu’alors, les camps consistaient en un amas de tentes, dont la durée de vie moyenne en bonnes conditions est de six mois. Après cela, l’impact du soleil, de la pluie ou du vent est trop important, les tentes commencent à se désintégrer. Sauf qu’en moyenne, les 43 millions de réfugiés sur Terre vivent dans des camps pendant 12 ans. Le chef de la direction de la fondation Ikea Per Heggenes décrit ces conditions:

«Elles (les tentes) offrent très peu de confort, de dignité ou de sécurité. En plus, elles sont froides en hiver et chaudes en été. Elles n’ont pas l’électricité ou la lumière, ce qui ne permet pas une vie de famille normale pour les réfugiés.»

L’abri de réfugié version suédoise aurait une durée de vie dix fois plus longue qu'une tente actuelle. Il est aussi deux fois plus gros (17,5 mètres carrés), ce qui convient à parfaitement à cinq personnes.

Les murs à assembler sont en plastique et le toit est photoréceptif, ce qui permet d’alimenter les lumières dans la cabane. La journée, on peut même déployer une sorte de parasol géant qui renvoie 70% des rayons du soleil, pour éviter la chaleur... Ce qui filtre suffisamment de chaleur pour un intérieur douillet la nuit tombée.

Dès juillet prochain, la petite cabane Ikea sera testée en Ethiopie, avant de retourner entre les mains des concepteurs, pour l’adapter à la production à échelle industrielle.

Marion Degeorges
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