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Nucléaire iranien: le «compteur de la fin du monde»

Capture d'écran de The Economist

Capture d'écran de The Economist

Pour comprendre les relations internationales, il suffit parfois d’avoir bien suivi ses cours de science au lycée. Le site de l’hebdomadaire britannique The Economist vient de publier une vidéo intitulée le «compteur de la fin du monde», qui ressemble effectivement à un cours de physique plein de schémas pour mieux comprendre l’enjeu central des très fortes tensions entre l’Iran et l’Israël: l’avancée programme nucléaire iranien.

The Economist reprend de manière pédagogique l’explication depuis le début: la substance nucléaire nécessaire pour faire une bombe atomique est obtenue à partir d’uranium moyennement enrichi, que l’Iran utilise dans ses réacteurs nucléaires.

La bombe nucléaire classique nécessite une quantité d’uranium hautement enrichie que l’on peut obtenir avec entre 94kg et 210 kg d’uranium moyennement enrichi (la quantité exacte dépend de l’efficacité du processus d’enrichissement). Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a fixé une «ligne rouge» à 250 kg, au-delà de laquelle Israël attaquera les installations nucléaires iraniennes.

C’est plus que ce qu’il faut pour mettre au point une bombe, mais Netanyahou faisait peut-être en fait référence à l’hexafluorure d’uranium, un composé de l’uranium produit pendant l’enrichissement. Cela signifierait que la ligne rouge se situe en fait à 165 kg d’uranium moyennement enrichi, toujours assez pour une bombe.

De quelle quantité dispose actuellement l’Iran? Le pays a produit 219 kg entre février 2010 et mai 2013, ce qui dépasse à la fois la ligne rouge israélienne et la quantité nécessaire pour fabriquer une bombe. Mais l’Iran a converti 96 de ces 219 kg en oxyde d’uranium pour alimenter ses réacteurs nucléaires. Cela nous fait donc 123 kg, soit assez pour une bombe avec un processus d’enrichissement efficace.

La conclusion de The Economist:

«Alors même que les négociations internationales se poursuivent pour dissuader l’Iran de fabriquer sa bombe, l’Iran va sans doute dépasser la ligne rouge d’Israël avant la fin de l’année.»

Reste à savoir si la politique de l’Iran sur cette question va évoluer avec l’arrivée au pouvoir d’Hassan Rohani. Ce dernier a récemment maintenu la ligne du régime islamique, excluant tout arrêt de l’enrichissement d’uranium, mais promettant plus de «transparence». De son côté, Benjamin Netanyahou a réaffirmé qu’Israël n’accepterait rien d’autre que la cessation complète du programme d’enrichissement de l’uranium par l’Iran.

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