La presse américaine se passionne pour la mort du journaliste d'investigation Michael Hastings

Capture d'écran de la vidéo «Michael Hastings: One of The Last Real Journalists» / TheYoungTurks via YouTube

Capture d'écran de la vidéo «Michael Hastings: One of The Last Real Journalists» / TheYoungTurks via YouTube

Les hommages n'en finissent pas sur les sites de Rolling Stone et de Buzzfeed, les deux publications pour lesquelles le journaliste américain Michael Hastings travaillait. Le journaliste de 33 ans est mort dans un accident de voiture dans la nuit du lundi 17 au mardi 18 juin à Los Angeles. Depuis, les théories du complot foisonnent sur Internet, alimentée par un message posté sur le fil Twitter de Wikileaks qui affirme que le journaliste aurait contacté l'avocate de Wikileaks quelques heures avant l'accident pour lui dire que le FBI enquêtait sur lui:

Ses relations avec les autorités américaines n'étaient en effet pas des meilleures. En 2010, il publie dans le magazine Rolling Stone son interview la plus célèbre, celle du général McChrystal, alors chef militaire de l'Otan en Afghanistan, qui conduira à la démission forcée de ce dernier (et son remplacement par David Petraeus).

Deux ans plus tard, il publie le livre The Operators: The Wild and Terrifying Inside Story of America's War in Afghanistan qui s'appuie également sur ce qu'il a observé en voyageant avec le général McChrystal et son équipe. Il observe ensuite la campagne présidentielle de 2012 et publie Panic 2012: The Sublime and Terrifying Inside Story of Obama's Final Campaign, très critique vis-à-vis d'Obama. 

Il avait par ailleurs publié dans les pages de Rolling Stone une interview-fleuve de Julian Assange, une enquête sur la guerre des drones ainsi que sur des opérations illicites de manipulation conduites par l'armée pour influencer les sénateurs américains afin qu'ils fournissent plus de moyens financiers et humains à l'armée.

Michael Hastings était connu pour sa défiance envers le pouvoir politique et son ton irrévérencieux. En 2012, il publiait sur Buzzfeed ses échanges avec le conseiller d'Hillary Clinton, Philippe Reines, au cours desquels ce dernier lui demanda:

«Pourquoi vous fatiguez-vous à poser des questions auxquelles vous avez déjà décidé que vous connaissiez la réponse?»

Ce à quoi Michael Hastings répondit:

 «Pourquoi vous ne donnez pas des réponses qui ne sont pas du baratin pour changer?»

Ses collègues saluent d'ailleurs sa détermination à mener des enquêtes de fond. Dans une interview en 2012 (vidéo en anglais), il expliquait son départ du magazine Newsweek par sa volonté de révéler la vérité:

 «Je pense qu'il n'y a qu'un certain niveau de vérité que l'on peut transmettre dans ce genre de magazine et il faut aller autre part si on veut vraiment aller au coeur des choses.»

Dans un hommage publié sur Buzzfeed, Ben Smith décrit ainsi son collègue:

«Les racines journalistiques de Michael étaient dans les années 1970, dans des journalistes gonzo tels que Hunter S. Thompson qui se jetaient corps et âme dans des enquêtes, et souvent en ressortaient blessés.»

Au moment de sa mort, il travaillait sur la plainte déposée par Jill Kelley contre le Département de la Défense et le FBI pour avoir divulgué des informations confidentielles dans le cadre de l'affaire Petraeus, selon le Los Angeles Times

C. S-G

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