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Giovanni Palatucci, le «Schindler» italien, collaborait avec les nazis

Grégoire Fleurot, mis à jour le 20.06.2013 à 16 h 56

Giovanni Palatucci, Wikimedia Commons

Giovanni Palatucci, Wikimedia Commons

Giovanni Palatucci, ancien chef de la police de la ville de Fiume célèbre pour avoir aidé à sauver 5.000 juifs entre 1940 et 1944 et surnommé le «Schindler italien», était-il en fait un collaborateur nazi enthousiaste impliqué dans la déportation de juifs vers Auschwitz? C’est ce que pense le Mémorial de l’Holocauste de New York, qui a retiré les récits des exploits de Palatucci d’une de ses expositions, rapporte le New York Times.

La décision fait suite à une lettre, récemment envoyée par le Centre d’études juives de New York au musée, dans laquelle un panel de plus d’une douzaine de spécialistes ayant étudié près de 700 documents sont arrivés à la conclusion que Palatucci a été pendant six ans un «exécuteur volontaire de la législation raciale et a collaboré avec les nazis après avoir prêté serment à la République sociale de Mussolini».

Le quotidien italien Corriere della Sera écrit:

«A en croire un nombre croissant d'historiens et de chercheurs qui étudient depuis des années le plus célèbre des “justes” italiens, le mythe de Palatucci ne serait rien de plus qu'une escroquerie flagrante orchestrée par des amis et des parents du héros présumé.»

Selon la lettre envoyée au Memorial de New York, les registres italiens et allemands ne prouvent pas qu’il ait aidé des juifs pendant la guerre. Les chercheurs étudiaient à l’origine le rôle de la ville de Fiume, une ville portuaire de la côte adriatique appartenant aujourd’hui à la Croatie sous le nom de Rijeka, et son image de terre fertile pour le fascisme. C’est au cours de cette enquête qu’ils ont trouvé des documents montrant que Palatucci avait aidé les Allemands à identifier des juifs à arrêter.

La mémoire de Palatucci a été honorée en Israël, à New York, en Italie (où il a donné son nom à des squares et à des promenades) ou encore au Vatican, où Jean-Paul II avait fait de lui un martyr. Selon le New York Times, il n'y a pas d'explication avérée autour de pourquoi ou comment Palatucci est devenu un héros, mais certains pensent que ce mythe convenait bien à l’Italie de l'après-guerre.

Grégoire Fleurot
Grégoire Fleurot (799 articles)
Journaliste
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