Economie

Les Stikeez, jouets «offerts» par Lidl qui provoquent la colère des parents allemands

Annabelle Georgen, mis à jour le 29.05.2013 à 11 h 33

Les Stikeez, capture d'écran de la vidéo.

Les Stikeez, capture d'écran de la vidéo.

Ils s'appellent Gloo Gloo, Papsy ou Bunny, font trois centimètres de haut et ont une ventouse à la place des pieds. Lancées en grande pompe début mai par le géant du discount allemand Lidl, ces figurines offertes dès 15 euros d'achat ont déclenché bien des crises de larmes ces dernières semaines au moment de passer à la caisse.

Car les Stikeez ont eu tant de succès dans les Kindergarten (jardins d'enfants) qu'au bout de quelques jours, certains magasins étaient déjà en rupture de stock, rapporte l'hebdomadaire Der Spiegel. Contactée par des dizaines de parents outrés de ne pouvoir satisfaire la collectionnite de leur progéniture, la direction de la chaîne de supermarchés a fait savoir que les magasins ne seraient pas réapprovisionnés en figurines étant donné qu'il s'agissait d'une offre spéciale.

Dès lors, Facebook est devenu le bureau des plaintes des parents énervés. Un père:

«Dans notre Lidl à Heilgenhafen on ne reçoit plus de Stikeez lors d'un achat de plus de 15 euros notre fils a aujourd'hui pleuré amèrement après les courses Merci Lidl»

Une mère:

«Les Stikeez déjà en rupture de stock!?! je suis si fâchée. On est le 08.05.2013. Maintenant on se retrouve avec deux coffrets à moitié pleins à la maison.»

D'autres demandent même à être entièrement remboursés, comme le rapporte le portail T-Online. Tandis que sur Twitter, sous le hashtag #stikeez, ceux qui ne pousseraient jamais leurs enfants à collectionner les figurines Lidl se moquent de «ce qui intéresse vraiment les citoyens allemands».

Les associations de consommateurs dénoncent elles ce type de procédé marketing, appelé «Pester Power» (pouvoir du harcèlement) dans le jargon, qui utilise l'extraordinaire capacité qu'ont les enfants à faire des caprices pour imposer leurs désirs à leurs parents. Un procédé que Eckard Benner, membre de la Verbraucherzentrale du Baden-Württemberg, dénonce:

«Les grands groupes instrumentalisent la passion de la collection des enfants pour fidéliser les clients. Ici c'est la relation entre les parents et les enfants qui est sciemment utilisée pour pousser les chiffres d'affaires vers le haut de manière artificielle.»

Cette technique, utilisée par d'autres chaînes de supermarchés bien avant Lidl, s'avère en effet payante, comme l'explique Andreas Bauer, expert en marketing:

«La famille avec enfants est de loin le groupe cible le plus convoité dans la vente au détail de denrées alimentaires. Si les chaînes de magasins parviennent à attirer les familles avec enfants, et ce en plus d'une façon relativement bon marché et sans rabais sous forme d'argent, c'est alors une performance géniale.»

Face à la pénurie de Stikeez, un marché parallèle s'est mis en place sur eBay ces derniers jours. Et les prix commencent à monter. Comme l'explique un vendeur spécialisé au Spiegel:

«J'ai commencé à 1,50 euro, maintenant nous en sommes déjà à 4 euros. Et les gens continuent à jeter dessus.»

Il réfléchit désormais à les proposer à 6 euros l'unité...

Annabelle Georgen
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