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Le paquebot fantôme qui se promène dans l'Atlantique a peut-être coulé

Temps de lecture : 2 min

MV Lyubow Orlova's Red Star par Lilpop, Rau & Loewenstein via Wikimedia Commons
MV Lyubow Orlova's Red Star par Lilpop, Rau & Loewenstein via Wikimedia Commons

Infesté de rats et complètement toxique, le paquebot russe Lyubov Orlova était voué au cimetière. Mais en janvier dernier, en route pour la République Dominicaine, il a disparu. Le risque: qu’il soit en train de se la couler douce au fond de l’océan Atlantique, déversant tout un tas de produits toxiques.

Le paquebot de luxe de 100 mètres de long devait être remorqué depuis Newfoundland (Canada) jusqu’en République Dominicaine, où il devait être réduit en ferraille. En route vers la retraite au soleil, le bâteau s'est enfuit lorsque le câble qui le reliait à son remorqueur a rompu. L’équipage a dû affronter des rafales de vent de 140km/h et des vagues de 3 mètres de haut pour tenter de rallier le paquebot à la dérive... En vain. C’est ce que raconte au Globe and Mail la porte-parole de Transport Canada:

«Si nous avions persisté à rattraper le Lyubov Orlova, l’équipage du remorqueur aurait dû prendre des risques inconsidérés, ce qui n’était pas envisageable.»

Dérive toxique

Sans équipage à bord, sans fusées de détresse et sans GPS, le sort du paquebot à la dérive semblait scellé. Mais depuis, il a brièvement été repéré à 800 km au large des côtes irlandaises, en février, annoncait alors le site Gizmodo. Puis en mars, la garde côtière canadienne a détecté le signal de l’une des balises de sécurité (sensées s’activer lorsqu’il y a contact avec l’eau ou avec un objet), cette fois-ci à plus de 1.200 km de Newfoundland, comme l'écrivait le Irish Examiner.

Sans plus de nouvelles du bateau depuis, beaucoup parient qu’il a coulé. L’association de défense de l’environnement Robin des Bois, prend la mesure des conséquences, dans une déclaration faite à Live Science:

«Dans le cas d’une collision, d’un accident, ou si il a coulé, le Lyubov Orlova va immédiatement déverser du fioul ou d’autres liquides toxiques comme le mercure, l’amiante et beaucoup d’autres choses non-biodégradables.»

Allô SOS fantôme?

Qui est désormais responsable du bateau fantôme? Les autorités canadiennes ont annoncé que ce n’était plus de leur ressort, puisque le bateau errant a quitté les eaux territoriales, et elles désignent le propriétaire de l’Orlova comme responsable. Le Globe and Mail a d'ailleurs retrouvé le propriétaire en question, il s’agirait d’Hussein Humayuni, patron de la compagnie Neptune International Shipping. Il aurait racheté l’épave en février 2012 pour la démolir.

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Mais en septembre 2010, alors à quai à Saint-Jean de Terre-Neuve, le paquebot avait été saisi, à la suite d'un conflit entre la compagnie qui exploitait le Lyubov Orlova et ses propriétaires russes. Les habitants de la ville avaient alors donné des vêtements, de la nourriture et des cigarettes aux 44 membres d’équipages bloqués à quai pendant 3 mois.

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