Monde

Près d'un quart des Français n'ont pas de quoi se nourrir

Robin Panfili, mis à jour le 24.05.2013 à 12 h 09

Nice Food / Jessica2100

Nice Food / Jessica2100

La question à l’origine de l’étude, menée par PewResearch, était simple:

«Au cours cette année, avez-vous rencontré des moments où vous n’aviez pas assez d’argent pour nourrir votre famille?» 

Si les réponses sont simples («oui» ou «non»), c’est leur proportion qui est préoccupante. Sur les douze derniers mois, 24% des Américains reconnaissent avoir rencontré des difficultés financières pour s’alimenter. Une valeur bien plus élevée qu’en 2002, où le seuil s’élevait à 15%, selon le rapport.

«Ce niveau de privation est plus proche de celui de l’Indonésie ou de la Grèce que celui de l’Angleterre ou du Canada.»

Pour The Atlantic qui a relayé cette étude, elle montre comment l’implosion de l’eurozone a frappé les plus puissantes économies de la région et «certaines cultures culinaires les plus réputées» au passage.

En Europe, la situation n’est pas plus réjouissante. Ne pas avoir assez d’argent pour acheter à manger est un problème assez répandu puisque la République Tchèque ou la France ont chacun vu cette statistique grimper au cours des derniers mois. Cette dernière évalue à 20% la proportion de Français touchés par ces difficultés financières. Un niveau plus élevé qu’en 2011 (13%) ou qu’en 2007 (6%).

En Angleterre où le niveau est passé de 6% en 2007 à 15% en 2013, la situation est tout aussi délicate. Une étude de l’association de consommateurs Which? évalue à 55% la part de familles qui prévoient de réduire leur dépenses en nourriture.

Le cas de la Grèce est frappant, puisqu'il est le pire en Europe. Comme aux Etats-Unis, 24% de sa population n’a pas pu se nourrir systématiquement, faute d’argent, au cours des douze derniers mois. En réponse à ces carences, des soupes populaires ont été organisées dans le pays pour subvenir aux besoins des plus démunis. Un temps fédératrices, elles sont parfois devenues le réceptacle d’un nationalisme grec virulent. Le 3 mai 2013, une de ces soupes a viré à l’émeute après l’interdiction d’une distribution de nourriture, réservée exclusivement aux Grecs, par le maire d’Athènes.

En Europe, le constat n’est pas complètement négatif puisque des pays ne s’en sortent pas si mal, explique The Atlantic. L’Allemagne comptait, en 2007, 10% de sa population incapable de se payer de la nourriture contre 8% en 2013. Mais le progrès semble être plus significatif en Pologne ou en Russie. En 2002, 50% des Russes ne pouvaient pas se nourrir suffisamment contre 23% aujourd’hui.

Robin Panfili
Robin Panfili (190 articles)
Journaliste à Slate.fr
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