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L'incroyable histoire de l'Armée fantôme, ces artistes qui ont dupé les nazis avec des tanks gonflables

Daphnée Denis, mis à jour le 09.02.2015 à 15 h 18

Capture d'écran de la bande-annonce de The Ghost Army (PBS)

Peu après le débarquement en Normandie le 6 juin 1944, deux Français parvenus dans la zone où se trouvaient  les hommes des «23rd Headquarters Special Troops», des forces spéciales américaines, ont assisté à une scène pour le moins étonnante.

Quatre soldats américains avaient soulevé à mains nues un tank Sherman de 40 tonnes et étaient en train de le retourner comme si de rien n’était. Face à l’air abasourdi des deux arrivants, Arthur Shilstone, un des soldats, a tenté une explication pour le moins patriotique:

«Les Américains sont très forts, vous savez.»

Non, les membres de ce groupe, surnommé «the Ghost Army», l’Armée Fantôme, n’étaient pas des descendants de Hulk. En revanche, ils disposaient de tanks gonflables.

L’Armée Fantôme avait été déployée par le gouvernement américain à la fin de la Seconde Guerre mondiale pour faire semblant d’être une armée. Leurs armes étaient des joujoux sophistiqués.

Il s’agissait de 1.100 artistes et ingénieurs du son recrutés à New York et en Philadelphie en janvier 1944, afin de mettre en scène de fausses attaques à l’aide de sons d’explosions diffusés par haut parleur, ainsi que de tanks gonflables, faisant ainsi croire aux troupes hitlériennes que les forces américaines étaient bien plus nombreuses que dans les faits. La chaîne américaine PBS vient de diffuser un documentaire sur leur incroyable histoire, The Ghost Army.

Après le débarquement des troupes américaines, ces forces très spéciales ont simulé vingt fausses opérations, dont on estime qu’elles ont sauvé entre 15.000 et 30.000 vies, rapporte le Smithsonian  Magazine –le premier magazine à dévoiler cette histoire en 1985, après quarante ans d’embargo.

La bataille la plus mémorable menée par l’armée fantôme eût lieu à la fin de la guerre, alors que les soldats improvisés accompagnaient le neuvième bataillon pour traverser le Rhin et arriver en Allemagne.

«Prétendant être les 30e et 79e divisions, 1.100 hommes devaient faire semblant d’être 30.000, raconte le Smithsonian. Mélangeant de vrais tanks aux gonflables, les troupes semblaient préparer une immense attaque. Leurs faux avions d’observation étaient si convaincants que des pilotes américains cherchaient à atterrir à côté d’eux. Quand l’offensive a finalement réussi à traverser le Rhin, avec le général Eisenhower et le Premier ministre britannique Winston Churchill, ils n’ont trouvé qu’une maigre résistance allemande.»

Daphnée Denis
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