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Comment faisait-on l'amour il y a 1.800 ans en Egypte?

Marion Degeorges, mis à jour le 21.05.2013 à 15 h 31

Vases canopes de Toutânkhamon par Jean-Pierre Dalbera via FotopediaCC

Vases canopes de Toutânkhamon par Jean-Pierre Dalbera via FotopediaCC

Pour déterrer les pratiques sexuelles de nos aïeuls égyptiens, des chercheurs sont allés fouiller du côté d’un cimetière de l’oasis de Dakhla, à plus de 700 km au sud-ouest du Caire. D’après le site Live Science, les chercheurs ont déjà sorti du sol près de 800 sépultures.

Ils ont estimé l’âge des individus au moment de leur mort. Ils ont également pu déduire le mois du décès. Et au cours des fouilles, les chercheurs ont identifié 124 bébés, dont le décès serait intervenu entre 18 et 45 semaines après leur conception.

Leur conclusion: la saison des amours est en juillet-août, quand la température pouvait grimper bien au-delà de 40°C. Qui dit conception à l’été, dit naissance en mars-avril. Et cette période est justement celle où l’on constate le plus de décès de femmes enceintes, donc probablement en couche.

Jamais auparavant, des chercheurs n’avaient pu établir le cycle des naissances à partir d’une fouille de cimetière. C’est ce qu’explique la directrice des recherches, Lana Williams, à Live Science:

«Personne ne s’est jamais penché sur les individus eux-mêmes, à ce que la biologie pouvait dire d’eux».

Des tentatives étaient par ailleurs connues, mais simplement à partir des recensements de l’époque.

Les Egyptiens aimaient la canicule

Fait étrange, parmi les autres cultures méditerranéennes, seuls les Egyptiens profitaient de l’été pour se reproduire. Ailleurs, Lana Williams note que les grosses chaleurs atténuaient plutôt la libido et même le nombre de spermatozoïdes.

Parmi les pistes explorées pour expliquer ce phénomène: la croyance de fertilité imputée au Nil. Les habitants de l’oasis de Dakhla pensaient que la crue subite du Nil qui avait lieu tous les étés était la clé de la fertilité de leurs terres.

La bouse de crocodile comme contraceptif

Cette hausse des naissances en mars-avril prouve également que le reste de l’année, les femmes devaient utiliser des moyens de contraception. Lana Williams spécifie que des anciens textes de médecine font état de plusieurs méthodes.

L’un d’entre eux, vieux de 3.800 ans, détaille une recette à base de bouse de crocodile et de miel. Mais il ne spécifie pas par quel moyen la mixture devait se retrouver dans le corps. Lana Williams a malgré tout une petite idée:

«Une solution à base de bouse de crocodile dans le corps de la femme peut probablement dissuader l‘homme et de fait, être en soi un moyen de contraception».

Ce qui n’enlève pas à la bouse de crocodile ses éventuelles propriétés contraceptives biologiques, comme le constate Lana Williams:

«C’est très intéressant d’observer les ingrédients de plus près. L’acidité contenue dans la bouse de crocodile et les propriétés antibactériennes du miel, peuvent en effet agir comme un spermicide.»

Et finalement, cette solution peut s’avérer aussi efficace que nos contraceptifs actuels.

Marion Degeorges
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