Monde

A Gaza, on achète du Kentucky Fried Chicken clandestinement

Daphnée Denis, mis à jour le 17.05.2013 à 9 h 59

Logo de KFC.

Logo de KFC.

Quand un Palestinien commande un KFC à emporter... celui-ci lui arrive tout droit d’Egypte. La nourriture des fast-food est la dernière denrée passée en contrebande dans la bande de Gaza, dont l’accès est bloqué par Israël depuis 2007, rapporte l’AFP.

«Le service n’est pas tout à fait “fast”, rapide, explique l’article de l’agence. Il prend plusieurs heures à arriver et la société palestinienne derrière ce service demande des prix très élevés pour couvrir les coûts de l’essence et du transport.»

Des entreprises de livraison comme Yamama, une boîte lancée il y a plusieurs années par Khalil Efrangi, commandent en général une trentaine de repas d’un coup, et envoient une voiture récupérer le tout du côté égyptien de la ville de Rafah. Ensuite, les conducteurs repassent par des tunnels du côté palestinien. Le tout arrive au siège des sociétés et est ensuite redistribué par des livreurs à moto.

Il n’y a aucun restaurant de fast-food dans la bande de Gaza, du coup, la demande de KFC et d'autres hamburgers clandestins est extrêmement élevée. 

Le New York Times consacre également un reportage à cette nouvelle manière d’essayer de contourner l’isolement dont souffrent les habitants de Gaza.

Un isolement qui les pousse à ériger des produits que l'on considère comme banals partout ailleurs en objets hautement convoités. Résultat: le paquet de douze pièces de poulet de KFC, qui se vend 11,50 dollars en Egypte, s’achète à 27 dollars à Gaza après un voyage qui comprend «deux taxis, une frontière internationale, un tunnel de contrebande et la coordination d’un jeune entrepreneur».

Le New York Times écrit:

«Au cours des dernières semaines, Efrangi a coordonné quatre livraisons pour un total de 100 repas, faisant en moyenne un profit de 6 dollars par repas. Il fait la promotion du service sur la page Facebook de Yamama, et dès qu’il y a une masse critique de commandes (environ 30), il commence le ballet des appels téléphoniques, de transferts bancaires et de coordination avec le gouvernement du Hamas pour ramener le poulet de là-bas à ici.»

Daphnée Denis
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