Économie

Réforme fiscale: et si on taxait les hipsters?

Temps de lecture : 2 min

Caffe latte / cyclonebill via Flickr CC Licence By
Caffe latte / cyclonebill via Flickr CC Licence By

Il n’apporte rien au patrimoine culturel, il a une image négative dans l’opinion et une majorité de citoyens serait favorable à un impôt qui lui serait réservé. Contrairement aux apparences, ce nouveau bouc-émissaire n’est pas une minorité ethnique ou religieuse, mais une catégorie d'individus connue sous le nom de hipster.

L’institut Public Policy Polling a dévoilé le 13 mai les résultats d'un sondage consacré à sa perception dans l'opinion publique américaine, dans lequel on apprend sans grande surprise que le hipster est favorablement perçu par seulement 16% des répondants. Soyons honnêtes: 43%, soit presque un sondé sur deux, n’a pas donné d’avis, sans doute parce que beaucoup d’Américains ne sont pas bien certains de savoir ce qu’est un hipster, forme d’individu âgé de 18 ans à 25 ans qu’on retrouve essentiellement dans les centres-villes, les quartiers d’artistes, les cafés wifi et le long des pistes cyclables.

Source: Public Policy Polling

Sur The Atlantic, Matthew O’Brien fait une proposition de bon sens pour que la communauté hipster contribue enfin à l’économie nationale et ne soit plus une sangsue culturelle qui ironise et détourne toutes les tendances de société. Il s’agirait pour l’auteur d’une taxe pigouvienne, du nom de son inventeur, l’économiste britannique Arthur Cecil Pigou. De même que le principe pollueur-payeur s’inspire de la taxe pigouvienne, les hipsters paieraient la compensation des externalités négatives de leur mode de vie: la pollution visuelle et culturelle qu’ils génèrent.

Mais comment faire? Hors de question de se fonder sur les déclarations des individus: la première règle du hipster est de ne pas se définir comme hipster. On ne pourrait donc pas soumettre aux hipsters un formulaire comparable à celui utilisé en France pour identifier les possesseurs de télévision pour les soumettre à la redevance télé.

La solution consiste alors à instaurer une taxe sur les produits consommés par les hipsters. Matthew O’Brien évoque les vélos à pignon fixe, moyen de transport privilégié du hipster, la cire à moustache et les disques vinyles. Ajoutons les cafés latte avec un petit dessin sur la mousse, les produits Apple, les photos Instagram utilisant le filtre Earlybird et bien entendu une taxe sur la billetterie de toutes les expositions de lomographie, de street art et de films de Wes Anderson, et nous aurions une assiette fiscale intéressante...

Problème soulevé par l’auteur: le hipster est peut-être ironique, il n’en reste pas moins un agent économique rationnel. Il aurait donc tôt fait d’abandonner ses passions pour se reporter vers des activités et des produits non taxés. Conséquence perverse: la taxe hipster aurait comme effet de modifier le paysage culturel du hipster, sans éradiquer le principe ironique à la base de sa consommation. Il lui suffirait de délaisser le fixie pour le Segway pour contourner la taxe qui le cible.

Malheureusement pour nous tous, conclut O’Brien, l’agacement provoqué par l’hipsterisme n’est pas imposable. Il faudra donc vivre avec.

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