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Les Républicains pourraient lancer une procédure d'impeachment contre Obama

Cécile Dehesdin, mis à jour le 15.05.2013 à 9 h 55

Barack Obama

Barack Obama

Barack Obama vit des semaines difficiles: d'un côté, les Républicains accusent son gouvernement d'avoir tenter de cacher des informations sur l'attaque de Benghazi, lors de laquelle l'ambassadeur en Libye, Christopher Stevens, et trois autres Américains sont morts, le 11 septembre dernier. 

De l'autre, le fisc s'est excusé (en le révélant au passage) du comportement de certains de ses fonctionnaires, qui ont ciblé en particulier des groupes dont le nom comportait les mots «Tea Party» ou «patriote». Le Président a nié sur tous les plans, rappelant qu'il avait dès le lendemain employé le mot «terroriste» pour qualifier les attaques de Benghazi, et jugeant «scandaleuses» les actions du fisc, rapporte Le Monde.

«Nous allons attendre de connaître tous les faits et les détails. Mais je n'ai aucune patience pour cela, je ne le tolérerai pas et nous ferons en sorte de comprendre exactement ce qu'il s'est passé.»

Sans compter le dernier scandale sorti (sans rapport avec Benghazi): le département de la Justice américaine a obtenu les fadettes de plusieurs journalistes et rédacteurs en chef de l'Associated Press sur deux mois, par ce que l'agence de presse qualifie d'«intrusion massive et jamais vue auparavant» dans les pratiques journalistiques. AP a demandé à l'Attorney General Eric Holder que le département rende au média ces documents et détruise ses copies.

Résultat, note le Daily Beast, les Républicains commencent à parler impeachment, rien de moins que la procédure qui permet au Congrès américain de destituer le Président. Bill Clinton a été menacé d'impeachment après le scandale Monica Lewinsky, mais le Congrès n'a pas réuni suffisamment de voix contre lui. Richard Nixon a démissionné après le scandale du Watergate, avant que la procédure d'impeachment arrive à son terme.

Une procédure d'impeachment n'est pas impossible à imaginer, surtout si les Républicains parviennent à conserver la main sur la Chambre des représentants et à obtenir la majorité au Sénat lors des élections de mi-mandat de 2015. Mais pas question de s'inquiéter (ou de se réjouir selon où vous vous placez sur l'échiquier politique) pour autant.

Techniquement, lancer un impeachment est facile, explique The Atlantic: il suffit d'un vote à la majorité simple à la Chambre. Mais un impeachment n'est pas nécessairement synonyme d'une destitution: la Chambre des représentants vote pour ou contre la procédure. Les articles de l'impeachment passent ensuite au Sénat, qui juge le Président. Si les sénateurs jugent le président coupable à la majorité des deux-tiers, il est destitué. Sinon, comme dans le cas de Bill Clinton ou d'Andrew Johnson, il reste en place. Autrement dit, l'impeachment permet au Congrès de marquer sa désapprobation fermement, sans pour autant se lancer dans un chaos gouvernemental.

C.D.

Cécile Dehesdin
Cécile Dehesdin (610 articles)
Rédactrice en chef adjointe
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