Economie

Pour la Bundesbank, la France ne fait pas vraiment d'économies

Slate.fr, mis à jour le 09.05.2013 à 15 h 49

La fabrication d'un cocktail tricolore aux couleurs du drapeau allemand avant la Coupe du monde 2006. REUTERS/Stringer.

La fabrication d'un cocktail tricolore aux couleurs du drapeau allemand avant la Coupe du monde 2006. REUTERS/Stringer.

Entre la France et l'Allemagne, les relations restent compliquées. Si le Ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius juge «déplacées», dans une interview au Monde, les attaques de la gauche du Parti Socialiste contre la chancellière Angela Merkel, le Président de la Banque centrale allemande (Bundesbank), Jens Weidman, critique vertement la politique budgétaire de François Hollande.

«Pour regagner la confiance, nous ne devons pas seulement mettre de nouvelles règles par écrit et promettre qu'on s'y tiendra dans le futur mais on doit aussi les concrétiser», explique-t-il dans un entretien publié jeudi 9 mai par le quotidien régional allemand WAZ.

Jens Weidmann insiste également sur l'aspect «dramatique» du chômage des jeunes dans certains pays européens qui ne se réduira pas avec «des programmes de dépenses et stimulation à court terme de la croissance et une augmentation des dettes pour les générations à venir. Cela ne crée pas des emplois durables dont on a pourtant urgemment besoin».

Le Président de la Bundesbnak reconnaît que la France a bien réduit son déficit budgétaire ces dernières années, mais «selon les prévisions de la Commission européenne, il sera toujours de près de 4% cette année et va même légèrement augmenter l'an prochain (...) Pour moi, ce ne sont pas des économies!», a-t-il affirmé.

Jens Weidman appelle enfin la France à se souvenir qu'«en tant que poids lourd de l'Union monétaire, elle a un rôle de modèle» pour les autres pays européens.

Les propos de Jens Weidmann rejoignent ceux du ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble, qui a appelé lundi 6 mai la France à faire preuve de courage et à ne «pas abandonner le chemin des réformes» après le sursis de deux ans octroyé par Bruxelles pour ramener son déficit budgétaire à 3% du PIB. La Commission européenne a accepté le 3 mai de reporter à la fin 2015 cet objectif. Et Berlin craint que Paris profite de ce sursis pour retarder encore les décisions courageuses et la réduction de la dépense publique qui est la plus élevée d'Europe.

 

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