Monde

Mon métier bizarre: déchiffreur d'adresses

Marion Degeorges, mis à jour le 07.05.2013 à 11 h 43

Sailors sort mail aboard USS John C. Stennis par Official U.S. Navy Imagery via FlickrCC

Sailors sort mail aboard USS John C. Stennis par Official U.S. Navy Imagery via FlickrCC

Une adresse gribouillée sur une enveloppe que Melissa fixe du regard, tentant d‘y comprendre quelque chose. «C’est un 7 ou un 9?», se demande-t-elle. Le coup de crayon maladroit indique «cty of Jesey». Après avoir tapoté sur son clavier, Melissa a trouvé une occurrence. C’est un 9 et c’est à Jersey City. La lettre disparait soudain de l’écran sur lequel elle s'affichait, et une nouvelle arrive. «Ça, ça veut dire que j’ai trouvé», explique Melissa.

Le New York Times nous conte le quotidien d’une opératrice en conversion de données. En fait, Melissa Stark déchiffre les adresses mal écrites. Et son travail est en voie d’extinction. Dans quelques mois, la poste des Etats-Unis va fermer deux de ses centres de déchiffrage. Celui où Melissa travaille sera le dernier.

La faute aux scanners ultra-pointus qui font désormais le travail tout seuls. Mais les machines sont perfectibles, et quand elles ne savent pas, ça arrive ici. Le dernier centre de déchiffrage tourne donc 365 jours par an, 24/24 heures. Plus de 700 employés comme Melissa y travaillent. «Ici, nous recevons le pire du pire», explique une collègue.

Avec ses années d’ancienneté, certains ont vu passer des adresses loufoques. Comme «au coin de la rue de la pharmacie», ou même «l’endroit près de la grange rouge». Parfois, ils traitent même des lettres adressées à Dieu.

Marion Degeorges
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